L’UE peine à mettre en œuvre une stratégie pour sortir de la crise

L’Union européenne a présenté un plan le 1er octobre pour passer d’une stratégie expansionniste de relance à un nouveau projet de sortie de crise. Elle n’a toutefois pas trouvé d’accord sur un calendrier de mise en œuvre.

L’Union européenne a présenté un plan le 1er octobre pour passer d’une stratégie expansionniste de relance à un nouveau projet de sortie de crise. Elle n’a toutefois pas trouvé d’accord sur un calendrier de mise en œuvre.

L’accord repose essentiellement sur 4 piliers, qui « coïncideraient avec le cadre envisagé lors du sommet de Pittsburgh », estime Joaquin Almunia, commissaire européen aux Affaires économiques et financières.

La stratégie de sortie de crise de l’UE consisterait à abandonner les politiques de relance à temps, assurer la consolidation structurelle budgétaire à au moins 0,5% par an, réformer le marché du travail,  stimuler l’investissement à long terme, et renforcer les cadres budgétaires nationaux, a résumé le ministre suédois des finances Anders Borg lors de la réunion informelle du conseil ECOFIN avec ses homologues européens à Göteborg (Suède) le 30 septembre.

Il appartient à chaque gouvernement de choisir une date pour mettre en œuvre une stratégie de sortie de crise, selon MM Almunia et Borg. Le fait que plusieurs pays tels que l’Espagne, le Royaume-Uni et l’Allemagne aient déjà commencé à réduire leurs dépenses budgétaires, s’oppose au principe d’une stratégie coordonnée de sortie de crise, regrettent certains analystes (EURACTIV.com 17/09/09).

Une sortie de crise avant 2011 reste incertaine

La Commission européenne cherche à établir une date pour mettre en œuvre une stratégie de sortie de crise avant 2011, à condition que ses dernières prévisions attestent d’un retour à la croissance. « C’est l’objectif de stabilité des prix à moyen terme qui nous guide », a expliqué M. Almunia.

« Les prévisions actuelles font état d’une croissance d’environ 1% mais nous attendons le mois prochain la transmission de nouvelles données de la part des États à la Commission», a insisté Almunia.

Le commissaire a ajouté que la reprise sera en vue lorsque les prévisions de croissance ne prendront plus en compte les mesures de relance, mais seulement les composantes normales telles que la demande et l’investissement. 

Les observateurs doutent de ce scénario à l’horizon 2011, car plusieurs pays semblent suivre leur propre feuille de route. M. Borg a toutefois estimé qu’il n’y avait « ni désaccord ni débat houleux sur la question du calendrier, et que les dirigeants avaient parlé d’une seule voix sur de nombreux points ».

Le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker rassure  : «  Les discussions prévues en décembre 2009 devraient mettre au point une date concernant les stratégies de sortie de crise. »

L’emploi  : clé de voûte des réformes structurelles

Almunia a également demandé aux ministres de s’assurer que les prochaines mesures synchroniseraient réformes structurelles et politique budgétaire.

Parmi les réformes structurelles, il souligne que des conditions facilitant la création d’emplois doivent être aménagées dans les pays de l’UE. Le commissaire a mentionné par exemple l’amélioration des systèmes de formation et de recherche d’emploi, et un mécanisme pour éviter les plans de pré-retraite.

20 des 27 pays de l’UE, dont 13 dans la zone euro, ont dépassé le seuil de 3% de déficit établi par le pacte de stabilité et de convergence. Fondé sur le traité de Maastricht et adopté en 1997, ce pacte autorise la Commission et le Conseil de l’UE à contrôler la discipline budgétaires des États membres, en particulier ceux de la zone euro.

Almunia a soutenu que le pacte était intact et que sa crédibilité ne serait en danger que s’il était enfreint. « Le pacte doit être appliqué de manière flexible », a ajouté M. Juncker. Il précise  : « lorsque la croissance est molle, on peut se permettre d’être moins exigeant sur le respect des contraintes budgétaires ». 11 procédures sont actuellement en cours contre les États membres (dont la France) pour cause de déficit excessif. Almunia confirme que la Commission examinera les rapports concernant les neuf autres pays en infraction.

« L’UE lancera une procédure disciplinaire contre l’Allemagne en octobre », a déclaré un diplomate européen le 30 septembre. La première puissance économique de l’UE a prévu au mois de juillet que son déficit s’élèverait à 6% du PIB en 2010.

Le gouvernement français se prépare aussi à un déficit de 8,5% en 2010 (contre 8,2% en 2009) et l’objectif d’équilibre budgétaire risque d’être remis à 2015. Les élections régionales qui auront lieu l’année prochaine rendent improbable un abandon des mesures extraordinaires pour assurer le retour à la croissance en 2011.