L'UE prête à accuser Gazprom de pratiques anti-concurrentielles
Après deux ans d'enquête, la Commission européenne va accuser sous peu le géant russe de l'énergie Gazprom de pratiques anti-concurrentielles, alors que les relations avec la Russie sont déjà fortement tendues par la crise ukrainienne.
Après deux ans d’enquête, la Commission européenne va accuser sous peu le géant russe de l’énergie Gazprom de pratiques anti-concurrentielles, alors que les relations avec la Russie sont déjà fortement tendues par la crise ukrainienne.
La Commission européenne devrait accuser le producteur de gaz russe Gazprom de pratiques anti-concurrentielles au terme d’une enquête qui a duré deux ans, a déclaré mardi Joaquin Almunia, commissaire à la Concurrence.
Gazprom, premier producteur mondial de gaz et fournisseur essentiel de nombre de pays européens, est dans le viseur de Bruxelles depuis septembre 2012.
Les autorités de la concurrence accusent la société de surfacturer ses clients basés en Europe de l’Est, d’empêcher l’émergence d’autres fournisseurs et de gêner la libre circulation de gaz à travers l’Union européenne.
>>Lire: Un concurrent russe essaie de mettre fin au monopole d’exportation de Gazprom
Gazprom avait déclaré cette année être prêt à régler l’affaire à l’amiable, mais les discussions avec la Commission européenne ont achoppé sur la question des prix du gaz.
Joaquin Almunia, qui quittera ses fonctions à la fin du mois d’octobre, a dit à des élus européens qu’il préparait un « communiqué des griefs », un document exposant dans le détail les faits et pratiques reprochés à Gazprom.
Il y a près d’un an, le commissaire de la Concurrence avait déjà dit être prêt à accuser formellement le géant russe Gazprom d’entrave à la concurrence.
>>Lire: Gazprom pourrait accepter le découplage pour échapper aux accusations antitrust de l’UE
Une telle décision qui pourrait déboucher sur une amende de plus de 10 milliards d’euros pour le monopole russe des exportations de gaz.
La possibilité d’une mise à l’index de Gazprom interviendrait dans un contexte de relations déjà très tendues entre l’Occident et la Russie en raison du rôle joué par Moscou dans la crise ukrainienne.
Les États-Unis et l’Union européenne ont déjà pris des sanctions contre des pans entiers de l’économie russe, mais, à ce stade, Gazprom y a échappé.