L’UE prévoit des sanctions contre la branche militaire du Hezbollah
Les gouvernements de l’Union européenne pourrait décider d’inscrire la branche militaire du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes.
Les gouvernements de l’Union européenne pourrait décider d’inscrire la branche militaire du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes.
La Grande-Bretagne tente depuis mai de persuader ses partenaires européens d'inscrire la branche militaire du mouvement chiite libanais sur la liste noire des organisations terroristes. Londres met en avant des preuves montrant l'implication de ce mouvement dans un attentat à la bombe contre un car en Bulgarie l'année dernière.
>> Lire : Le Royaume-Uni veut placer le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes
L'UE avait jusqu'à maintenant résisté aux pressions des États-Unis et d'Israël en expliquant qu'une telle décision pourrait compliquer ses relations avec le Liban, où le mouvement chiite fait partie du gouvernement, et accroître les tensions au Proche-Orient.
Selon des diplomates, l’opposition à la mise sur liste noire semble diminuer.
« Il y a encore des réserves, mais nous nous dirigeons vers ce qui pourrait être une décision sur une éventuelle mise sur la liste », a déclaré un haut responsable de l'UE.
« Le nombre d'États membres qui ont des difficultés avec une décision de ce genre diminue progressivement. »
Les ministres européens des affaires étrangères discuteront de la question le 22 juillet à Bruxelles.
L'inscription de la branche militaire du Hezbollah sur la liste noire entraînerait un gel immédiat des éventuels actifs que posséderait le mouvement chiite libanais dans les 28 pays de l'UE. Les informations sur la présence du Hezbollah en Europe ou sur ses actifs sont toutefois peu nombreuses.
Le Royaume-Uni, soutenu entre autres par la France et les Pays-Bas, affirme que l'implication grandissante du Hezbollah dans le conflit syrien montre la fragilité du Liban et que l'UE doit envisager des attentats éventuels en Europe.
Apaiser les craintes
Pour apaiser les angoisses de ceux qui craignent les conséquences de sanctions contre le Hezbollah, les gouvernements de l'UE devraient publier un communiqué s'engageant à poursuivre le dialogue avec tous les groupes politiques du pays.
« Quelques États membres voulaient être rassurés qu'une telle décision ne compromettrait aucunement le dialogue politique », a indiqué le haut représentant de l'UE.
Selon certains diplomates européens, cibler la branche militaire pourrait, à long terme, persuader certains de ses membres de passer de la violence à la politique.
Le Hezbollah nie toute implication dans l'attentat de Bourgas (Bulgarie) qui a tué cinq Israéliens et leur chauffeur en juillet 2012.
Le ministre bulgare de l'intérieur a toutefois déclaré que Sofia était certaine de l'implication du mouvement.
Pour soutenir sa demande, la Grande-Bretagne a également mentionné une peine de quatre ans de prison prononcée en mars par un tribunal chypriote à l'égard d'un membre du Hezbollah, accusé de complot contre les intérêts israéliens sur l'île.
Le Hezbollah a été créé à Damas par l'Iran en 1982 comme un moyen de lutte contre Israël après son entrée au Liban.
Son implication dans le conflit syrien est considérée comme un élément majeur permettant au président Bachar al Assad de résister au soulèvement contre son autorité, organisé par la majorité musulmane sunnite il y a deux ans.