L'UE s'engage à réduire de moitié le nombre de victimes d'accidents de la route d'ici à 2010

Les ministres européens des transports viennent d'élaborer une stratégie ambitieuse en matière de sécurité routière, visant notamment à réduire de 50% le nombre de blessés et de tués sur les routes à l'horizon 2010. Le Conseil prône notamment l'introduction de systèmes permettant de réduire automatiquement la vitesse des véhicules.

Les ministres européens des transports viennent d’élaborer une
stratégie ambitieuse en matière de sécurité routière, visant
notamment à réduire de 50% le nombre de blessés et de tués sur les
routes à l’horizon 2010. Le Conseil prône notamment l’introduction
de systèmes permettant de réduire automatiquement la vitesse des
véhicules.

Réunis à Bruxelles les 9 et 10 décembre 2004, les ministres
européens des transports ont donné leur feu vert à la mise en
oeuvre d’une stratégie de lutte contre l’insécurité routière visant
à diviser par deux le nombre d’accidentés de la route d’ici à
2010. 

Cette stratégie accorde une importance particulière aux actions
visant à assurer le respect des règles en matière de circulation.
Elle met également l’accent sur le besoin de diffuser les
meilleures pratiques aux niveaux européen, national et local. Des
initiatives communes en matière de renforcement des contrôles ont
été préconisées par plusieurs Etats, au premier rang desquels la
France – dont les routes sont massivement empruntées par les
touristes européens. 

Les avancées technologiques seront appelées à « jouer un rôle de
plus en plus important en matière de contrôle », peut-on lire dans
les conclusions du Conseil. Parmi ces innovations, le Conseil
évoque l’installation de systèmes de contrôle automatique de la
vitesse, de limitateurs et d’avertisseurs de vitesse, de systèmes
anti-démarrage de véhicules en cas d’alcoolémie excessive
(« alcolocks ») et de dispositifs incitant au port de la ceinture de
sécurité. Selon le Conseil, l’introduction de tels dispositifs
devrait être « encouragée ». 

Les ministres prônent également l’installation de systèmes de
sécurité « intelligents », intégrant des éléments à la fois passifs
et actifs, afin de réduire le nombre d’accidents de la route. Ils
envisagent également, pour alimenter de nouveaux programmes en
matière de sécurité routière, le recours à de nouveaux financements
mêlant fonds publics et contributions du secteur privé. Les
compagnies d’assurances pourraient ainsi être encouragées à
« trouver des moyens de récompenser les conducteurs prudents et de
favoriser l’utilisation de véhicules plus sûrs ».

La mise en ouvre concrète des conclusions du Conseil et des
recommandations de la stratégie demeure soumise au bon vouloir des
Etats membres, qui demeurent décisionnaires en matière de sécurité
routière. Aucun calendrier ou programme précis n’a encore été
défini.  

La Commission a elle-même pris ses distances par rapport aux
conclusions du Conseil des ministres, affirmant dans une
déclaration jointe aux conclusions de celui-ci qu’elle n’agirait
que conformément au droit d’initiative qui lui est conféré par les
traités, en l’occurence la subsidiarité.

« Je ne peux pas exclure que la Commission prenne des initiatives
visant à assurer la mise en oeuvre [de la stratégie] », a cependant
déclaré à EURACTIV un porte-parole du Commissaire aux transports
Jacques Barrot. « Plusieurs ministres sont très mobilisés » et M.
Barrot veut « renforcer les contrôles », a déclaré ce porte-parole.
Le Commissaire Barrot doit présenter un rapport d’évaluation vers
le milieu de l’année 2005. 

Les conclusions du dernier Conseil Transports sont en fait
largement reprises de celles rédigées à l’issue d’une réunion
informelle des ministres des transports, organisée au mois
d’octobre 2004 à Vérone. 

De source diplomatique, on indique que « [ces conclusions] ne
reflét[aient] pas une volonté politique précise ». « Les Italiens
« étaient sans doute allés un peu loin au moment de rédiger les
conclusions », précise cette source dans un entretien accordé à
EURACTIV.