L'UE souhaite renforcer sa compétitivité par des accords commerciaux bilatéraux [FR]
Après la suspension des négociations de Doha à l'OMC, la Commission semble prête à réorienter sa stratégie commerciale sur des accords bilatéraux de libre-échange afin de rattraper les Etats-Unis et le Japon en terme de compétitivité.
Après la suspension des négociations de Doha à l’OMC, la Commission semble prête à réorienter sa stratégie commerciale sur des accords bilatéraux de libre-échange afin de rattraper les Etats-Unis et le Japon en terme de compétitivité.
La libéralisation du commerce est un moteur important de la productivité grâce à une concurrence accrue qui encourage l’innovation; une meilleure spécialisation; des économies d’échelle; et des transferts technologiques par le biais des importations et des investissements étrangers.
La libéralisation accrue des échanges et des investissements a généré à elle seule un quart des gains de productivité observés en Europe au cours des 20 dernières années.
Ainsi, face à la mondialisation, l’UE doit rester ouverte, mais doit également garantir que les marchés étrangers sont ouverts à ses propres exportations. Les entreprises européennes éprouvent souvent des difficultés à pénétrer sur les marchés étrangers en raison des droits de douane élevés et des barrières non-tarifaires, ainsi que des mesures discriminatoires appliquées aux entreprises étrangères.
La suppression de telles barrières est particulièrement importante dans le secteur des services, qui représente 70% des emplois en Europe et du PIB de l’UE, mais qui est confronté à des barrières sur le plan commercial plus importantes que les marchandises, notamment en raison de règlementations nationales restrictives comme les normes techniques, les obligations de license ou les mesures nationales de discrimination.
Pour remédier à ces problèmes, la Commission définira dans deux nouvelles communications prévues pour septembre et octobre 2006 une stratégie visant à renforcer sa compétitivité par le commerce et les politiques commerciales et une stratégie européenne révisée en vue d’améliorer l’accès au marché.
Elle proposera entre autres de lancer des négociations sur une série d’accords commerciaux bilatéraux avec les économies émergentes.
Cette proposition se démarque fortement de l’ancienne stratégie européenne qui reposait avant tout sur les négociations multilatérales au sein de l’OMC et sur des accords de libre-échange dont le principe fondateur était le développement ou la géopolitique, et non les intérêts économiques.
Jusqu’à présent, cette stratégie a permis à l’UE de renforcer sa présence dans des pays où la demande reste la même mais l’Union a par ailleurs perdu de son influence dans des zones de croissance rapide, contrairement à ses concurrents comme les Etats-Unis et le Japon.
A la suite de la suspension du cycle de Doha (voir notre LinksDossier), obtenir un accès aux nouveau marchés par le biais d’accords bilatéraux a gagné en importance. L’UE a déjà annoncé son intention de lancer des négociations sur un pacte commercial avec les 10 membres de l’ANASE, ainsi que l’Ukraine, la Corée du Sud, l’Inde et la Russie (voir EURACTIV, 3 juil. 2006). En novembre, elle présentera une stratégie destinée à renforcer ses relations commerciales et économiques avec la Chine (voir EURACTIV, 10 juil. 2006).
La Commission veillera également à s’assurer que l’accès de la Communauté aux marchés publics étrangers, un domaine où les entreprises européennes sont en première position au niveau mondial (par exemple, en matière d’équipements de transports, de travaux publics et de services locaux), mais dans lequel l’accès est souvent limité aux entreprises nationales. Un nouvel « instrument consacré aux marchés publics extérieurs » sera proposé en vue de renforcer l’accès de l’UE à ces marchés.
D’ici fin 2006, de nouvelles mesures devraient également être prises afin d’améliorer l’application au niveau international des droits de propriété intellectuelle et de réviser les outils de défense du commerce de l’UE afin de garantir une meilleure protection des intérêts communautaires.