L'UE sur le banc des accusés au sommet du G20

Hier (18 juin), les dirigeants mondiaux ont exercé des pressions sur l'Europe pour qu'elle prenne des mesures ambitieuses dans le but d'enrayer la crise de la dette. La victoire des partis pro-renflouement en Grèce dimanche n'a en effet pas suffi pour calmer les marchés et nombreux sont ceux qui craignent encore que l'économie mondiale ne soit touchée.

EURACTIV.com / Reuters
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Hier (18 juin), les dirigeants mondiaux ont exercé des pressions sur l'Europe pour qu'elle prenne des mesures ambitieuses dans le but d'enrayer la crise de la dette. La victoire des partis pro-renflouement en Grèce dimanche n'a en effet pas suffi pour calmer les marchés et nombreux sont ceux qui craignent encore que l'économie mondiale ne soit touchée.

 

Les grandes économies industrialisées et émergentes devraient exhorter l'Europe à prendre toutes les mesures politiques nécessaires pour résoudre la crise qui fait rage depuis plus de deux ans, selon une ébauche de communiqué consultée par Reuters en amont du sommet du G20 au Mexique (voir « Contexte »).

 

Le président américain, Barack Obama, inquiet que les déboires de l'Europe puissent anéantir ses espoirs de réélection, a demandé à rencontrer les dirigeants européens lundi soir.

 

Il s'était déjà entretenu avec Angela Merkel qui, en tant que chancelière de la plus forte économie d'Europe, est sous pression pour accélérer le renforcement de l'union financière et budgétaire dans la zone euro, bien qu'elle continue à s'y opposer. Le porte-parole de M. Obama a déclaré que le président était satisfait de l'avancée des discussions sur les mesures à prendre pour accroître l'intégration européenne.

 

En réponse aux investisseurs qui craignent que les banques européennes fassent couler des pays entiers, les membres de la zone euro présents au G20 briseraient la boucle de rétroaction entre les Etats et les banques, peut-on encore lire dans ce communiqué.

 

Les fonctionnaires européens ont rejeté les affirmations selon lesquelles ils seraient responsables de l'affaiblissement de la croissance dans le monde et ont tempéré les espoirs de voir un remède miracle régler tous les problèmes de la zone euro.

 

« Franchement, nous ne sommes pas venus ici pour recevoir des leçons sur la démocratie ou la manière de gérer notre économie », s'est insurgé le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

 

Pour la première fois en trois ans, le G20 a affirmé dans cette ébauche de communiqué que les pays sans grands problèmes de dettes étaient prêts à agir ensemble pour relancer la croissance si l'économie devait encore considérablement ralentir.

 

Les Etats-Unis ont prié l'Allemagne et la Chine de stimuler leurs dépenses pour aider l'économie mondiale.

 

La Grèce au coeur des débats

 

Mme Merkel a salué le résultat des élections en Grèce, mais elle a déclaré qu'elle n'accepterait aucun relâchement dans l'application des mesures d'austérité et des réformes structurelles profondes qu'Athènes se doit de respecter conformément au programme de renflouement accordé par l'UE et le FMI pour une somme totale de 240 milliards d'euros.

 

« Le gouvernement grec devra respecter ses engagements », a-t-il déclaré.

 

Elle s'oppose ainsi au vainqueur du scrutin, le conservateur Antonis Samaras, qui a fait campagne en promettant de renégocier certains éléments du sauvetage. Il a affirmé que des amendements seraient nécessaires pour soulager le peuple grec qui souffre d'un chômage en perpétuelle hausse et vit des moments très difficiles.

 

La Grèce compte demander la répartition des 11,7 milliards d'euros de coupes budgétaires sur quatre ans au lieu de deux, a confié une source du parti Nouvelle démocratie à Reuters à Athènes.

 

Les Allemands sont de plus en plus frustrés face à l'incapacité de la Grèce à respecter ses promesses de réformes et les Grecs, de leur côté, s'insurgent contre les mesures d'austérité imposées par Berlin et ses partenaires.

 

Ironie du sort, l'équipe grecque de football affrontera l'Allemagne cette semaine en quarts de finale du championnat européen.