L'UE tente de calmer des marchés tourmentés

Hier (2 août), les dirigeants européens ont tenté d'apaiser les craintes de ceux qui pensent que la crise de l'euro empire, alors que les rendements obligataires en Espagne et en Italie ont atteint des records. Les leaders tentent également d'empêcher les spéculations sur la nécessité pour Chypre d'avoir recours au mécanisme de sauvetage de l'UE.

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Hier (2 août), les dirigeants européens ont tenté d'apaiser les craintes de ceux qui pensent que la crise de l'euro empire, alors que les rendements obligataires en Espagne et en Italie ont atteint des records. Les leaders tentent également d'empêcher les spéculations sur la nécessité pour Chypre d'avoir recours au mécanisme de sauvetage de l'UE.

Les rendements obligataires italiens et espagnols ont tous deux atteint leur plus haut niveau en onze années d'existence de l'euro hier, alors que Rome est à présent, tout comme Madrid, dans le collimateur des investisseurs concernant la soutenabilité de sa dette.

Le premier ministre espagnol a reporté ses vacances hier à cause de la crise. Le ministre italien de l'économie, Giulio Tremonti, a quant à lui prévu une réunion d'urgence aujourd'hui entre la Banque d'Italie, Consob, l'autorité des marchés financiers, et ISVAP, le régulateur des assurances.

Van Rompuy : « La Grèce, ce n'est pas comme l'Italie et l'Espagne »

Dans l'édition d'hier du journal Le Monde, le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, a tenté de mettre en exergue les différences entre la situation en Espagne et en l'Italie d'une part et la situation « unique » de la Grèce d'autre part qui, selon lui, ne sont pas comparables.

Il a ajouté : « L'évaluation actuelle des risques sur les marchés ne correspond pas du tout aux fondamentaux, et il est tout bonnement risible que […] [l'Italie et l'Espagne] figurent parmi ceux qui présentent le risque le plus élevé de défaut de paiement ».

Dans le même temps, Chypre ne parvient pas à sortir des limbes politiques suite à la démission de son gouvernement la semaine dernière (28 juillet). Cette démission est la conséquence d'une explosion de munitions qui a détruit la principale centrale électrique de l'île au début de ce mois-ci.

Le président Demetris Christofias n'a toujours pas annoncé de remaniement et nombreux sont ceux qui pensent que l'île devra demander un renflouement de la part de l'UE.

Commission : Un plan de sauvetage pour Chypre est hors de question

Lundi (1er août), un représentant de l'agence Fitch a déclaré qu'elle pourrait dégrader la note chypriote dans les jours ou semaines qui viennent. En outre, la Banque de Chypre a fait une déclaration qui mentionnait la menace immédiate pour l'île de la nécessité d'entrer dans le mécanisme de sauvetage de l'UE.

Chris Pryce, un directeur de Fitch's Sovereign Group, a déclaré à Reuters : « Comme nous l'avons expliqué dans les derniers rapports, nous serions favorables à une consolidation budgétaire bien plus importante ».

Les trois principales agences de notation de crédit ont dégradé la note chypriote au cours des derniers mois et ont à nouveau abaissé sa note la semaine dernière.

Interrogée sur la probabilité que l'île doive encaisser une nouvelle dégradation, une porte-parole de la Commission a expliqué que l'attention qui était portée à Chypre ne sortait pas de l'ordinaire. Elle a déclaré : « Les agences de notation s'intéressent à tous les pays, tous les produits et toutes les entreprises ».

Elle a ajouté : « En ce qui concerne Chypre, il n'est pas question d'un plan de sauvetage. Le gouvernement chypriote a des objectifs spécifiques en termes de consolidation de ses finances et de relance de son économie et nous sommes sûrs qu'ils prennent toutes les mesures nécessaires pour les atteindre ».