L’UE veut aider Obama à fermer Guantanamo [FR]
Les ministres européens des Affaires étrangères discuteront le 26 janvier de la manière d’aider le président élu Barack Obama à fermer le camp de détention controversé de Guantanamo en acceptant des anciens détenus sur le sol européen. C’est ce qu’a confirmé une source du Conseil aujourd’hui (13 janvier).
Les ministres européens des Affaires étrangères discuteront le 26 janvier de la manière d’aider le président élu Barack Obama à fermer le camp de détention controversé de Guantanamo en acceptant des anciens détenus sur le sol européen. C’est ce qu’a confirmé une source du Conseil aujourd’hui (13 janvier).
A l’initiative du Portugal, les ministres des Affaires étrangères des 27 Etats membres débattront de la façon d’aider le nouveau président américain à accomplir cette action très politique, a confié une source du Conseil à EURACTIV.
M. Obama devrait, le premier jour de son mandat, proclamer un décret visant à fermer le camp de Guantanamo Bay. Cette évolution marque une totale rupture avec la position de son prédécesseur néo-conservateur Georges W. Bush, et se rapproche des positions européennes quant au traitement des présumés terroristes.
L’administration américaine projette de transférer environ 150 des 248 prisonniers restants dans d’autres pays, a rapporté la presse américaine. Le coordinateur anti-terroriste de l’Union européenne a récemment révélé dans un entretien exclusif à EURACTIV que l’Union a été en pourparlers avec Washington sur la question d’accueillir des détenus sur son territoire pour un certain temps.
Le Portugal a déjà offert d’accueillir des détenus de Guantanamo qui ont été innocentés et prêts à être relâchés mais ne pouvant pas être renvoyés dans leur pays pour des questions de sécurité. Luis Amado, ministre portugais des Affaires étrangères, a envoyé une lettre à ses homologues leur demandant de faire de même.
L’Allemagne et l’Irlande ont déjà indiqué qu’ils étaient prêts à suivre l’exemple du Portugal, a relevé une source du Conseil. La France, qui a récemment accepté d’accueillir des anciens membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie, devrait également rejoindre le groupe.
L’Union européenne a critiqué de manière virulente l’administration Bush à propos de Guantanamo, et c’est la raison pour laquelle elle devrait aider M. Obama à renoncer aux politiques controversées de son prédécesseur. Il s’agira de l’argument le plus important que le coordinateur anti-terroriste de l’Union européenne devrait utiliser pour soutenir ses demandes, selon la source du Conseil.
La présidence tchèque de l’UE a confirmé l’heure et le lieu du débat, mais a refusé de commenter la question de savoir si Prague s’engagera également par rapport à l’effort de transfert des anciens détenus. Un porte-parole a insisté sur le fait qu’il n’y a toujours pas de position européenne commune et a souligné que le rôle de la présidence était d’aider à l’élaboration d’une telle position plutôt que de se mettre à part en effectuant des engagements.
En effet, une position commune européenne semble être un objectif irréaliste. Un certain nombre de pays de l’UE, notamment la Suède et les Pays-Bas, ont déjà exclu d’accepter des détenus de Guantanamo.