L'Ukraine s'invite à l’ordre du jour du sommet européen

Les chefs d'Etat et de gouvernement des Etats membres vont discuter de nouvelles sanctions contre Moscou lors du sommet du 30 août, accusée d'incursion militaire en Ukraine.

EURACTIV.com
Petro Porochenko, juin 2014. [Global Panorama/Flickr]
Petro Porochenko, juin 2014. [Global Panorama/Flickr]

Les chefs d’Etat et de gouvernement des Etats membres vont discuter de nouvelles sanctions contre Moscou lors du sommet du 30 août, accusée d’incursion militaire en Ukraine.

L’ordre du jour du  sommet européen du samedi 30 août va être bousculé par l’incursion militaire de la Russie en Ukraine. Les chefs d’État et de gouvernement de l’UE vont discuter de nouvelles sanctions contre Moscou.

Les chefs d’État et de gouvernement « devraient ouvrir la voie à de nouvelles mesures », a-t-on indiqué jeudi de source européenne, sans plus de précisions à ce stade sur la nature des mesures envisagées, rapporte l’Agence France Presse.

Au cours de ce sommet, les dirigeants de l’UE doivent également désigner le chef de la diplomatie européenne, qui remplacera en novembre la Britannique Catherine Ashton. La jeune ministre italienne des Affaires étrangères, Federica Mogherini, part favorite.

Demande de l’Ukraine

« Depuis hier, la Russie a lancé ouvertement une invasion militaire en Ukraine. Après notre tentative sincère de tendre une main pacifique à la Russie à Minsk, nous avons obtenu un sourire inepte et cynique en retour. La nuit même, nous avons observé des cortèges de véhicules et d’équipements militaires russes traverser la frontière russo-ukrainienne. «  Des hommes tout de vert vêtus «  sans insigne, semblables à ceux observés en Crimée, sont en train d’arriver en masse sur le territoire ukrainien a indiqué Konstantin Yelisieiev, l’ambassadeur ukrainien auprès de l’UE, dans un communiqué.

L’ambassadeur a demandé dans son texte « l’organisation d’une session extraordinaire sur l’Ukraine lors du sommet européen du 30 août ainsi que  ‘d’autres sanctions significatives et déterminées ainsi que par une aide militaire et technique à l’Ukraine afin de stopper l’agresseur ».

Face à l’attitude de la Russie, l’ambassadeur a pressé les dirigeants européens de passer de la parole aux actes. « Depuis le début de l’agression russe en février, le Conseil a approuvé 11 conclusions et le Parlement européen a adopté 4 résolutions exhortant la Russie à respecter l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Tous ces éléments ne suffisent-ils pas à faire comprendre que le Kremlin n’a que faire des paroles ? »

Les États-Unis évoquent aussi de nouvelles sanctions

Le président des États-unis, Barack Obama, a prévenu jeudi 28 août  que les « incursions russes » dans l’est de l’Ukraine auront un coût de plus en plus élevé pour Moscou.

« Je considère que les actions dont nous avons été témoins cette semaine sont la continuation de ce qui se passe depuis des mois maintenant », a déclaré le président américain alors que Kiev a parlé jeudi d’‘invasion directe’ des forces russes dans le sud-est de l’Ukraine.

Estimant que Vladimir Poutine a ignoré toutes les occasions de trouver une solution diplomatique au conflit, Barack Obama a affiché son soutien à son homologue ukrainien, Petro Porochenko, qu’il a invité le mois prochain à Washington, mais a catégoriquement exclu toute intervention militaire américaine en Ukraine.

« Je crois qu’il est très important de dire que nous n’allons pas entreprendre d’action militaire pour résoudre le problème ukrainien », a déclaré Barack Obama avant une réunion de son conseil de sécurité nationale à la Maison blanche.

Le président américain a en revanche laissé entendre que Washington allait adopter de nouvelles sanctions contre la Russie, ajoutant que celle-ci « oeuvre elle-même à son propre isolement ».

« Il est toujours possible d’approfondir ou d’étendre la portée (des sanctions) », a dit Barack Obama, qui compte évoquer cette question avec ses alliés de l’Otan la semaine prochaine au Pays-de-Galles.

« L’impact des sanctions (sur l’économie russe) n’est peut-être pas visible sur le champ, mais il va aller en augmentant », a-t-il ajouté.