L'Ukraine va renégocier l'accord "injuste" avec la Russie

Le premier ministre ukrainien Mykola Azarov a déclaré aux journalistes hier (13 octobre) qu'il chercherait à renégocier l'accord "injuste" conclu avec la Russie lorsqu'il rencontrera son homologue Vladimir Poutine le 27 octobre.

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Le premier ministre ukrainien Mykola Azarov a déclaré aux journalistes hier (13 octobre) qu'il chercherait à renégocier l'accord "injuste" conclu avec la Russie lorsqu'il rencontrera son homologue Vladimir Poutine le 27 octobre.

M. Azarov, qui est en visite à Bruxelles pour deux jours, a dit que son pays n’était pas à la recherche d’une « réduction » ou de « quotas privilégiés » pour le gaz russe importé, il a cependant insiste sur le fait que l’accord actuel, signé par son prédécesseur Iulia Tymoshenko, était injuste.

L’Ukraine et la Russie ont signé un accord pour dix ans sur la distribution de gaz en janvier 2009, après qu’une querelle sur les prix entre les deux voisins ait laissé l’Union Européenne sans combustibles pour une durée de deux semaines – dans un contexte de températures en dessous de zéro.

« La Russie ne souhaite pas revoir (l’accord sur le gaz). Pourquoi ? Parce que celui-ci leur est profitable. Pourquoi souhaitons-nous le réviser ? Parce que nous croyons que cet accord ne nous est pas profitable », a expliqué M. Azarov.

« Combien de temps devrait durer un accord dans lequel une partie est gagnante tandis que l’autre est perdante ? Quelque chose doit être entrepris au sujet de cet accord. Celui-ci n’est manifestement pas viable. »

Le premier ministre ukrainien s’est également prononcé contre le projet planifié de gazoduc South Stream, mené par Gazprom, qui devrait contourner le pays.

« Nous disons à la Russie que l’Ukraine est un pays de transit fiable pour le gaz russe, pour toutes les directions que vous souhaitez. Nous avons des parcours de gazoduc traditionnels (comme) Pomary–Urengoy–Uzhgorod. Nous sommes prêts à améliorer notre débit dans le sud et à accéder à la ville de Burgas, en Bulgarie, ce qui est l’objectif de South Stream, via un gazoduc offshore sous la Mer Noire », a dit M. Azarov.

La visite de M. Azarov a été perçue par beaucoup comme une préparation au sommet entre l’UE et l’Ukraine qui aura lieu le 22 novembre. Durant sa visite à Bruxelles, le premier ministre a répété que les objectifs de son pays demeuraient l’intégration européenne, mais que Kiev ne déposerait pas de demande d’adhésion à l’UE avant que les réformes prévues n’aient créé les conditions propices.

« La chose la plus importante pour nous est de réaliser par nous-mêmes le travail nécessaire pour rapprocher l’Ukraine des standards européens. Nous voyons ceci comme un processus. Pas à pas, nous nous approcherons du mode de vie de l’UE et des standards européens », a dit M. Azarov.

Comme premier pas, il a exprimé son espoir de voir l’Ukraine signer un accord de libre-échange avec l’UE durant le premier semestre de 2011.

M. Azarov a ajouté qu’il ne voyait pas de conflit entre les relations en développement avec l’UE et avec la Russie. « Nous sommes des négociateurs calmes et confiants. Et nous avons la même attitude envers la Russie qu’envers l’UE », a-t-il dit.

M. Azarov a rejeté les allégations selon lesquelles l’Ukraine retournerait vers un modèle d’état autoritaire, suite à la récente réforme constitutionnelle. Répondant à une question venant d’EURACTIV au sujet de la liberté de la presse, il a dit qu’il ne faisait pas une tragédie du fait que de temps en temps des articles tendancieux apparaissent. De tels articles sont, selon lui, « manifestement commandités » par les opposants politiques du gouvernement.

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