La banque belge KBC pousse la Slovénie vers le renflouement

La Slovénie aurait des chances de devenir le sixième pays de la zone euro à demander un renflouement à l'UE pour sauver son secteur bancaire, dont la plus grande banque du pays, en partie détenue par la KBC belge.

EURACTIV.com
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La Slovénie aurait des chances de devenir le sixième pays de la zone euro à demander un renflouement à l'UE pour sauver son secteur bancaire, dont la plus grande banque du pays, en partie détenue par la KBC belge.

 

Un porte-parole de la Commission européenne a déclaré hier (3 juillet) que l'exécutif européen n'avait reçu aucune demande officielle de renflouement de la part de la Slovénie et que l'exécutif n'avait rien à ajouter aux recommandations financières qui lui ont été adressées en mai dernier (voir « Contexte »).

 

Bloomberg a cité Michal Dybula, économiste chez BNP Paribas, qui a affirmé qu'il était de plus en plus probable que la Slovénie soit le prochain pays de la zone euro à demander un renflouement pour sauver son secteur bancaire.

 

Le cas échéant, le nom de la Slovénie, le premier pays anciennement communiste à avoir adopté l'euro, s'ajouterait à la liste de ceux qui ont déjà dû demander l'aide de l'Union, à savoir la Grèce, l'Irlande, le Portugal, l'Espagne et Chypre.

 

Les problèmes du pays découleraient des difficultés financières rencontrées par la Nova Ljubljanska Banka (NLB), la plus grande banque du pays.

 

Les dirigeants de la zone euro se sont mis d'accord sur un plan de recapitalisation des banques lors d'un sommet en octobre 2011. Conformément à cette décision, les banques étaient obligées d'ici juin de cette année de détenir 9 % de fonds propres constitués d'actifs les plus solides.

 

Les difficultés du pays semblent être survenues après que KBC, la banque belge qui détient 25 % de la NLB, a abandonné son projet d'achat de nouvelles parts, ce qui aurait permis d'apporter des fonds pour la recapitalisation.

 

Le reste de la banque appartient à l'Etat et la Slovénie, déjà sous le coup d'une procédure en déficit, peine à trouver des financements.

 

Le déficit budgétaire de la Slovénie a atteint 5,5 % du PIB en 2011, alors qu'elle disposait d'un budget à l'équilibre en 2007. Cette évolution est notamment due à des taux d'imposition très bas et à des dépenses publiques élevées.

 

Selon certaines rumeurs, KBC aurait décidé de ne pas acquérir d'autre part, car elle n'était pas certaine que la Commission européenne approuverait cette décision. KBC n'a pas répondu aux demandes de commentaires envoyées par EURACTIV.

 

En 2008, KBC a encaissé de lourdes pertes et a bénéficié du soutien du gouvernement belge l'année suivante. L'une des conditions de cette aide était que la banque vende plusieurs de ses filiales.

 

Antoine Colombani, le porte-parole du commissaire à la concurrence, Joaquín Almunia, a déclaré que dans le cadre de la recapitalisation de la NLB, la Commission était chargée de s'assurer que l'aide d'Etat apportée soit conforme aux règles de l'UE en la matière.

 

Situation particulière

 

La spécificité de cette affaire est que KBC a également bénéficié d'importantes aides d'Etat et que, par conséquent, elle doit respecter certaines obligations dans le cadre de la décision de restructuration prise par la Commission en novembre 2009, a-t-il expliqué.

 

Le plan de restructuration de KBC, approuvé par la Commission, implique la cession de certains actifs. Les parts que KBC détient dans la NLB devront d'ailleurs être cédées d'ici au 31 décembre 2012. Lors d'une réunion organisée à la demande de KBC, M. Almunia a rappelé à l'entreprise belge qu'elle devait se conformer à cette décision.

 

M. Almunia aurait également dit à la banque que si elle souhaitait accroître sa participation dans la NLB après 2012, elle devrait proposer des mesures compensatoires, à savoir une cession équivalente ailleurs. KBC a déjà utilisé ce mécanisme pour des acquisitions dans d'autres pays d'Europe centrale et orientale.

 

Malgré cette possibilité, KBC a annoncé son retrait de la recapitalisation de NLB.

 

Les autorités slovènes ont alors annoncé à la Commission qu'elles trouveraient une alternative pour recapitaliser NLB, proposant une injection supplémentaire de capital de 382,9 millions d'euros, une somme importante pour ce petit pays.  La Commission a provisoirement approuvé cette démarche, mais elle a ensuite lancé une enquête approfondie sur le plan de restructuration de la banque.

 

Le premier ministre slovène, Janez Janša, a déclaré le 27 juin dernier que le pays risquait de vivre un scénario à la grecque. Deux jours plus tard, il a confié à des journalistes à Bruxelles lors du sommet européen que son gouvernement faisait tout ce qui était en son pouvoir pour trouver une solution et éviter de devoir demander un renflouement.