La Belgique en roue libre depuis un an
Un an après les élections, la Belgique n’a toujours pas de gouvernement. Et rien ne laisse présager qu’un accord sera prochainement scellé entre partis francophones et flamands.
Un an après les élections, la Belgique n’a toujours pas de gouvernement. Et rien ne laisse présager qu’un accord sera prochainement scellé entre partis francophones et flamands.
Le 26 avril 2010, le Roi des Belges, Albert II, a accepté la démission du gouvernement d’Yves Leterme après le départ des libéraux flamands (Open Vld) de la coalition gouvernementale. Ces derniers considéraient que les négociations autour de l’avenir de l’arrondissement électoral bilingue Bruxelles-Hal-Vilvorde ne menaient à rien.
Cette décision unilatérale a déclenché une nouvelle crise politique et communautaire, et des élections anticipées ont aussitôt été convoquées.
Deux résultats opposés
Le 13 juin 2010, les électeurs néerlandophones ont donné la victoire aux nationalistes flamands de l’Alliance Néo-flamande (NVA, économiquement de droite libérale) dirigée par Bart de Wever. Un homme dont l’objectif ultime est l’indépendance de la Flandre. Une première dans l’histoire du pays.
Au sud, c’est le parti socialiste francophone qui a remporté le scrutin. Son chef, Elio di Rupo, s’était déclaré favorable à une réforme de l’État durant la campagne, mais reste attaché à la Belgique et à une certaine union solidaire entre la Flandre et la Wallonie.
Malgré les divergences énormes entre ces deux formations politiques, tout le monde espérait la mise sur pied d’un gouvernement pour l’automne. Douze mois plus tard, les Belges attendent toujours. Les affaires courantes sont toujours expédiées par l’ancien gouvernement démissionnaire.
Inconciliables
Pas moins de huit responsables se sont succédé à la tête des négociations dans l’espoir de rapprocher les points de vue, sans succès. Malgré les concessions faites par les francophones, qui acceptaient toujours plus d’autonomie et des transferts de compétences aux entités régionales – et donc à la Flandre -, la NVA a jugé cela insuffisant.
Malgré tout, depuis le 16 mai, Elio di Rupo est officiellement « formateur ». C’est-à-dire que le Roi l’a chargé de former un gouvernement. Ses chances de succès sont cependant minimes.
Quel avenir?
Le pays semble plus bloqué que jamais. Cette situation permet à Bart de Wever de démontrer à son électorat que la Belgique ne sert plus à rien. Depuis un an, les institutions continuent à fonctionner tant bien que mal, les responsables politiques contournent la Constitution belge au gré des nécessités. Le pays est engagé en Libye, et un budget 2011 a été voté, deux prérogatives que ne peut normalement assurer un gouvernement démissionnaire.
Les analystes politiques du pays et même certains hommes politiques évoquent de plus en plus la tenue de nouvelles élections, avant même la formation d’un gouvernement. Comme une dernière chance de rebattre les cartes et de relancer les négociations. Mais il y a de fortes chances pour que les résultats soient les mêmes. Selon les derniers sondages, les nationalistes flamands progresseraient même, passant de 28 à 33% en Flandre.
En raison de la trêve estivale, de nouvelles élections ne pourraient être organisées avant l’automne. Les négociations qui en découleraient pourraient facilement amener le pays à célébrer un deuxième anniversaire sans gouvernement.