La Belgique et les Pays-Bas deviennent les principales plaques tournantes de l’importation de cocaïne en Europe occidentale
Selon un rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) présenté à Vienne jeudi, la Belgique et les Pays-Bas sont devenus les principales voies d’acheminement de cocaïne en Europe occidentale.
Selon un rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) présenté à Vienne jeudi (16 mars), la Belgique et les Pays-Bas sont devenus les principales voies d’acheminement de cocaïne en Europe occidentale.
« Les points d’entrée en Europe ont changé, la Belgique et les Pays-Bas éclipsant désormais la péninsule ibérique [les points d’entrée traditionnels se trouvant en Espagne et au Portugal] », peut-on lire dans le rapport de l’agence des Nations Unies.
Le rapport précise également que « certains éléments indiquent que l’importation de cocaïne s’est déplacée du port néerlandais de Rotterdam vers le port belge d’Anvers ces dernières années », bien que « la majeure partie de la cocaïne atteignant Anvers serait ensuite acheminée vers les Pays-Bas ».
L’Office estime que la route de la mer du Nord contribuerait à une plus grande distribution de la cocaïne à travers l’Europe. Il y a une dizaine d’années, des trafiquants d’origine albanaise auraient commencé à acheter cette drogue directement en Amérique du Sud et à l’expédier en Belgique et aux Pays-Bas.
Malgré les nombreux incidents liés à la cocaïne rapportés par les médias et les responsables politiques en Belgique, l’ONUDC affirme qu’il y a peu de violence liée à la cocaïne en Belgique. En effet, selon le rapport, les trafiquants ne semblent pas être en concurrence les uns avec les autres et profitent plutôt de l’expérience de chacun. De plus, la demande étant forte, plusieurs organisations peuvent coexister.
Le rapport souligne toutefois que les employés des ports sont vulnérables à la pression des groupes criminels et peuvent se sentir obligés de fournir des informations logistiques aux trafiquants.
L’offre rencontre la demande
L’agence des Nations unies indique que la demande de cocaïne continue d’augmenter dans le monde entier, après un ralentissement dû à la pandémie de Covid-19 et aux confinements. Cette hausse de la demande s’explique en partie par la croissance démographique, mais aussi par l’augmentation de la consommation de cocaïne au sein de la population.
Il est donc logique qu’il y ait une augmentation de l’offre pour répondre à cette demande croissante. L’ONUDC se dit préoccupé par l’augmentation de la culture de la coca dans plusieurs pays, avec une hausse de 35 % entre 2020 et 2021 — un record et également la plus forte augmentation d’une année à l’autre depuis 2016.
La superficie des terres utilisées pour la culture en Amérique du Sud est passée à plus de 300 000 hectares. En outre, les progrès réalisés dans la transformation de la plante de coca en cocaïne telle qu’elle peut être vendue dans les rues ont également contribué à l’augmentation de la production.
Toutefois, selon l’ONUDC, si le marché reste concentré dans les Amériques et dans certaines parties de l’Europe, il existe un fort potentiel d’expansion en Afrique et en Asie.
Le rapport montre par ailleurs que les saisies de cocaïne ont fortement augmenté dans le monde entier.

Jeudi, à la suite d’« activités suspectes » dans le port d’Anvers, la police a trouvé « une quantité considérable » de cocaïne dans deux camionnettes. La cocaïne provenait vraisemblablement d’un des navires sud-américains Grimaldi accostés dans le port. La police judiciaire fédérale d’Anvers poursuit l’enquête, selon un communiqué de presse du ministère des Finances.
La guerre en Ukraine
Le rapport indique également que la guerre en Ukraine, qui a débuté en février de l’année dernière, est susceptible d’avoir un impact sur les circuits d’approvisionnement en cocaïne qui passaient par le pays.
En effet, selon l’agence onusienne, il est probable que les groupes criminels étrangers, qui utilisaient les ports ukrainiens avant l’invasion russe pour éviter les contrôles des forces de l’ordre en Europe occidentale, « déplacent leurs activités vers d’autres ports de la mer Noire, en Roumanie ou en Bulgarie ».
Une menace transnationale
Ghada Waly, directrice exécutive de l’ONUDC, a exhorté les gouvernements du monde entier et les autres acteurs à contrer la « menace transnationale » que représente la cocaïne par des réponses elles aussi transnationales, fondées sur la sensibilisation, la prévention et la coopération internationale et régionale.
En février, la Belgique a présenté sa stratégie de lutte contre la criminalité liée à la drogue.
Ce plan prévoit notamment une plus grande coopération avec les autres pays et les opérateurs portuaires en ce qui concerne les douanes et la police, des contrôles effectués par la Sûreté de l’État pour le personnel portuaire, le recrutement d’un plus grand nombre d’agents des douanes et une sécurité accrue dans le port d’Anvers.