La Bulgarie devrait recevoir plus de 500 millions d’euros au titre de l’aide militaire à l’Ukraine

La Bulgarie s’attend à recevoir 500 millions d’euros de recettes provenant de l’aide militaire apportée à l’Ukraine au cours des trois dernières années, les principaux donateurs de Kiev ayant accepté de dédommager généreusement Sofia.

EURACTIV Bulgarie
UKRAINE BATTLEFIELD
En 2024, la Bulgarie a envoyé 150 véhicules blindés et des obusiers automoteurs Gvozdika de fabrication soviétique. [Ed Ram/For The Washington Post via Getty Images]

SOFIA — La Bulgarie s’attend à recevoir 500 millions d’euros de recettes provenant de l’aide militaire apportée à l’Ukraine au cours des trois dernières années. Les principaux donateurs de Kiev ayant accepté de dédommager généreusement Sofia.

Le gouvernement bulgare a annoncé qu’il avait reçu 174 millions d’euros du Danemark dans le cadre de deux contrats d’envoi d’aide militaire à l’Ukraine. Cela compensera le déficit budgétaire du pays.

Alors que la Bulgarie s’efforce de réduire son déficit à 3 % du PIB afin de rejoindre la zone euro au 1er janvier 2026, ces recettes supplémentaires sont particulièrement bienvenues.

De plus, en compensation de l’envoi à Kiev d’équipements militaires appartenant à l’État bulgare, Sofia attend au moins 300 millions d’euros supplémentaire des États-Unis et de la Commission européenne.

« En aidant l’Ukraine, nous nous aidons nous-mêmes », a déclaré le ministre de la Défense, Atanas Zapryanov.

La Bulgarie envoie à l’Ukraine son ancien équipement militaire, fabriqué selon les normes soviétiques. Avec l’argent qu’elle reçoit des alliés de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et de l’Union européenne (UE), elle peut désormais investir dans l’achat de nouvelles armes occidentales.

« L’aide militaire que nous fournissons n’est plus nécessaire. Nous envoyons tout ce qui n’est pas inclus dans l’équipement de l’armée en temps de paix et en temps de guerre », a déclaré le ministre.

Selon Atanas Zapryanov, la Bulgarie a jusqu’à présent envoyé six paquets d’aide militaire à l’Ukraine. Cela comprenait des munitions, des véhicules blindés et des missiles de défense aérienne défectueux à utiliser comme pièces de rechange. Le gouvernement garde le secret sur la nature exacte de l’aide envoyée à Kiev, mais on sait qu’il s’agit principalement de munitions et de missiles pour les systèmes sol-air de défense S-300.

Certains critiquent cette pratique. La Bulgarie reçoit plusieurs centaines de millions pour des « armes anciennes et rouillées », a commenté Ivaylo Mirchev, un député du parti pro-européen Democratic Bulgaria.

En 2024, la Bulgarie a envoyé 150 véhicules blindés et des obusiers automoteurs Gvozdika de fabrication soviétique.

Le pays des Balkans est l’un des plus grands propriétaires et producteurs d’équipements de type soviétique dont l’armée ukrainienne a besoin. Les usines militaires bulgares commencent progressivement à produire des munitions conformes aux normes de l’OTAN, mais une grande partie de l’industrie continue de produire des armes de type soviétique. Ces dernières sont exportées vers l’Asie, l’Afrique, le Proche-Orient et, ces trois dernières années, vers l’Ukraine.

Les données pour 2023 montrent que les usines militaires et les marchands d’armes de la Bulgarie ont un chiffre d’affaires de 3,2 milliards d’euros. Cela fait du pays un exportateur d’armes de taille moyenne à l’échelle mondiale.

Malgré les avantages pour l’armée bulgare, qui reçoit de l’argent en échange de vieilles armes, les forces pro-russes du pays restent opposées à l’aide militaire à l’Ukraine.

Le président, Roumen Radev, fait parti des opposants les plus virulents. Mais il n’est pas seul. Le Parti socialiste bulgare (BSP) pro-russe — qui fait partie de la coalition au pouvoir —, s’y oppose également, tout comme le parti pro-Kremlin Vazrazhdane. Ce dernier est partenaire du parti d’extrême droite allemand Alternative pour l’Allemagne (AfD) au Parlement européen.

(AB)