La Bulgarie et l'Italie dans le collimateur de l'Office anti-fraude de l'UE en 2011

La Bulgarie et l'Italie sont les deux pays qui ont le plus fait l'objet d'enquêtes de l'Office européen de lutte anti-fraude (OLAF). C'est ce que révèle le rapport 2011 de cette organisation, présenté à la presse hier (19 octobre) à Bruxelles.

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La Bulgarie et l'Italie sont les deux pays qui ont le plus fait l'objet d'enquêtes de l'Office européen de lutte anti-fraude (OLAF). C'est ce que révèle le rapport 2011 de cette organisation, présenté à la presse hier (19 octobre) à Bruxelles.

« La répartition géographique des informations au sujet des Etats membres de l'UE et des pays candidats montre qu'une part significative des nouvelles informations continue de ne concerner qu'un petit nombre pays », selon le rapport de l'OLAF.

En 2010, l'OLAF a mené 419 enquêtes parmi les Etats membres, dont 81 en Bulgarie et 41 en Italie, l'un des membres fondateurs de l'UE.

Avec 37 enquêtes, la Belgique arrive en troisième position. Il s'agit toutefois d'un cas particulier pour la capitale européenne, dans la mesure où de nombreuses enquêtes ont été menées dans les institutions de l'UE.

La majeure partie des enquêtes concernent les institutions de l'UE (139) et le secteur agricole (117).

Les statistiques sur les autres pays sont réparties comme suit : 36 affaires en Roumanie, 34 en Allemagne, 23 en Grèce et au Royaume-Uni, 22 en Espagne, 20 en France, 17 en Pologne, 13 aux Pays-Bas, 10 en République Tchèque, 8 au Portugal, 7 en Hongrie et au Luxembourg, 6 en Autriche et en Slovaquie, 5 en Irlande, en Lituanie et à Malte, 3 à Chypre, en Slovénie et en Suède et 2 en Lettonie. Seule une enquête pour fraude a été menée en Estonie et en Finlande, et aucune au Danemark.

Ces enquêtes ont permis à l'OLAF de récupérer 68 millions d'euros. Les sommes les plus élevées proviennent du secteur des fonds structurels (32,9 millions d'euros), suivi de l'agriculture (11,9 millions d'euros) et des dépenses directes (10, 6 millions d'euros).

Les peines prononcées à l'issue de ces enquêtes équivalent à une durée totale de 125 ans d'emprisonnement. Certains des dossiers clos en 2010 avaient été ouverts il y a bien longtemps.

Les conclusions du rapport de l'OLAF étaient particulièrement attendues en Bulgarie, à l'approche des élections locales et présidentielles organisées ce dimanche. Le quotidien bulgare Sega a titré à la une : « La Bulgarie à nouveau championne de la fraude communautaire ». En effet, la Bulgarie occupait également le haut du podium l'année dernière avec 68 enquêtes pour fraude, suivie de la Belgique 48 enquêtes et de l'Italie avec 36 enquêtes menées.

C'est en Bulgarie que l'OLAF a mené le plus d'enquêtes, mais ce pays a, avec la Roumanie, l'un des plus faibles taux d'absorption des fonds communautaires, en raison de la corruption et de ses faibles capacités administratives. 

Le quotidien Standart titre quant à lui: « La Bulgarie est la cerise sur le gâteau de l'OLAF ». La presse bulgare rappelle que la Bulgarie et la Roumanie souhaitent que les dirigeants européens leur accordent l'adhésion à l'espace Schengen, à l'occasion du sommet de ce dimanche. Les Pays-Bas s'y opposeraient toutefois fermement, en raison du manque de progrès dans la lutte contre la corruption à Sofia et à Bucarest. La Cour internationale de La Haye s'inquiète tout particulièrement de l'impunité du crime organisé en Bulgarie.

Les conclusions du rapport de l'OLAF sont passées pratiquement inaperçues en Italie.