La Commission est devenue le « QG du PPE », affirment des eurodéputés après le fiasco de la directive anti-greenwashing

Des eurodéputés accusent la Commission de devenir le porte-voix du PPE, après l’échec des négociations sur le projet de loi sur les allégations environnementales des entreprises.

EURACTIV.com
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La commissaire à l'Environnement Jessika Roswall (à gauche) et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen (à droite). [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Des eurodéputés ont accusé la Commission européenne de devenir le porte-voix du Parti populaire européen (PPE) de centre-droit, après l’échec des négociations sur le projet de loi visant à mieux encadrer les allégations environnementales des entreprises et de leurs produits afin de lutter contre le greenwashing.

Les députés de trois groupes de droite et d’extrême droite du Parlement, dont le PPE, ont appelé la Commission à retirer le projet législatif — qui se trouvait dans la phase finale des trilogues — la semaine dernière. En fin de semaine, vendredi 20 juin, la Commission a fait savoir qu’elle avait l’intention de retirer sa propositon législative.

Lundi 23 juin toutefois, la Commission a assuré souhaiter poursuivre les trilogues. Cependant, plus tard dans la journée, l’Italie a annoncé retirer son soutien au texte. En raison de la décision de Rome, le projet de loi est bloqué, car l’Allemagne et la Suède s’y opposent également, ce qui rend inutile son retrait éventuel par la Commission.

« Le Berlaymont se transforme de plus en plus en quartier général du Parti populaire européen », a affirmé l’Allemand Tiemo Wölken (Socialistes et démocrates, S&D), négociateur du Parlement européen sur le projet de texte.

« J’attends du PPE qu’il déclare s’il veut être considéré comme faisant partie du centre démocratique ou s’il se situe en dehors de celui-ci », a-t-il ajouté.

Sandro Gozi, négociateur du groupe libéral Renew, a quant à lui qualifié de « faux prétextes » les raisons invoquées par la Commission pour menacer de retirer la loi.

La Commission a déclaré qu’elle s’était longtemps opposée à l’inclusion de 30 millions de micro-entreprises européennes dans le champ d’application de la directive, mais qu’elle avait désormais l’intention de la retirer car cette ligne rouge avait été franchie dans les négociations en cours.

Sandro Gozi a expliqué aux journalistes que les discussions prévues pour lundi auraient permis de résoudre la question et d’exempter ces micro-entreprises. Mais ces discussions n’ont pas eu lieu.

« S’il est nécessaire de discuter de questions spécifiques, le mieux est de se rendre à la réunion, d’en discuter lors de la réunion, et non d’annuler la réunion », a-t-il fustigé.

L’un des principaux députés européens à avoir fait pression pour le retrait de la proposition de loi, Arba Kokalari, du PPE, a écrit dans un communiqué de presse : « Nous constatons un manque de soutien, tant au Parlement qu’au Conseil, et il n’y a donc aucune raison de poursuivre les trilogues ».

[Édité par Anne-Sophie Gayet]