La Commission européenne va adopter une approche « holistique » à l’égard de Temu et Shein
Des normes environnementales à la protection des consommateurs, la Commission a élaboré une stratégie « holistique » pour s’attaquer à la vague d’importations des grandes plateformes de commerce en ligne, selon un projet consulté par Euractiv.
Des normes environnementales à la protection des consommateurs, la Commission a élaboré une stratégie « holistique » pour s’attaquer à la vague d’importations des grandes plateformes de commerce en ligne, selon un projet consulté par Euractiv.
En 2024, Temu et Shein ont connu une croissance exponentielle pour atteindre 75 millions d’utilisateurs en quelques mois. Par conséquent, l’Union européenne (UE) a vu une explosion des importations de sociétés de commerce en ligne, recevant 4,6 milliards de marchandises de faible valeur — soit le double qu’en 2023, dont 91 % proviennent de Chine.
On considère comme marchandise de faible valeur les paquets de moins de 150 euros, qui ne sont pas contrôlés par les autorités douanières.
La Commission souhaite désormais s’attaquer à cette vague d’importations en adoptant une stratégie à multiples facettes, comprenant des modifications structurelles des règles douanières de l’UE, l’application de la législation européenne existante en matière de protection des consommateurs et l’adoption de règles environnementales.
Dans le cadre de la réforme des règles douanières de l’UE, la Commission souhaite fournir des ressources supplémentaires aux autorités douanières nationales afin qu’elles puissent examiner les petits envois. Actuellement, six États membres sont responsables de 89 % des marchandises importées en ligne en Europe.
Le projet de la Commission européenne vise également à promouvoir l’Intelligence artificielle (IA) et les techniques numériques pour vérifier les envois de marchandises illégales. Les autorités douanières seront soutenues par une nouvelle autorité de l’UE pour traiter les données douanières dans le cadre d’un système informatique unique.
En termes de normes environnementales, le projet exigerait que les producteurs paient une organisation autorisée pour gérer les déchets recyclés des marchandises, notamment des vêtements et des chaussures.
Le projet de rapport devrait être publié mercredi.
Les plateformes chinoises, telles que Temu, Shein et Alibaba, sont dans le collimateur de l’UE depuis l’année dernière.
Temu fait l’objet d’une enquête dans le cadre de règlement sur les services numériques (Digital Services Act, DSA) de l’UE, portant notamment sur la vente de produits non conformes dans l’Union, sur l’utilisation d’une conception addictive sur leur plateforme et sur la manière dont ils recommandent des produits aux consommateurs en ligne.
La plateforme a également fait l’objet d’enquêtes de la part de la Commission européenne et des autorités nationales chargées de la protection des consommateurs pour violation présumée du droit communautaire de la consommation.
De son côté, Shein relève aussi du champ d’application du DSA, mais la Commission n’a pas ouvert d’enquête formelle après avoir reçu suffisamment d’informations de la part de la plateforme l’année dernière.
La multiplication des plateformes chinoises l’année dernière a suscité l’inquiétude des organisations de consommateurs, des groupes de pression et des associations de commerçants de l’UE.
(AM)