La Commission se range du côté de Berlin dans le conflit avec la France sur les appareillages électriques
L’exécutif européen a rejeté, tout comme l’Allemagne, les demandes françaises visant à rouvrir le marché européen aux appareillages électriques contenant des gaz fluorés nocifs pour le climat.
L’exécutif européen a rejeté, tout comme l’Allemagne, les demandes françaises visant à rouvrir le marché européen aux appareillages électriques contenant des gaz fluorés nocifs pour le climat.
Mardi 17 juin, la France, soutenue par l’Estonie et la République tchèque, a demandé une révision « urgente » des règles européennes relatives aux appareillages de commutation haute tension, des composants essentiels du réseau électrique, ouvrant ainsi une bataille avec Berlin sur un marché de plusieurs milliards d’euros.
Les règles actuelles favorisent les équipements sans gaz fluorés, comme ceux produits par Siemens Energy. Les appareillages classiques contenant du SF6, un gaz à effet de serre 23 500 fois plus puissant que le CO2, seront interdits à partir de 2028.
« Les contraintes pesant sur la chaîne d’approvisionnement résultant de cette disponibilité limitée des technologies alternatives pourraient sérieusement compromettre notre capacité à atteindre nos objectifs de décarbonation », a averti mardi l’ambassadrice adjointe de l’Irlande auprès de l’UE, Cáit Moran, lors d’un sommet du Conseil de l’UE dédié à l’environnement.
Au total, onze États membres — dont des poids lourds tels que l’Italie, la Suède et la Roumanie — ont soutenu la demande menée par Paris visant à modifier les règles.
L’Allemagne, en revanche, refuse de s’y rallier. Lors de la réunion des ministres européens à Luxembourg mardi, l’ambassadrice allemande Helene Winter a expliqué qu’une telle mesure risquerait d’accroître la dépendance de l’UE aux importations, car le fluoronitrile nécessaire aux alternatives au SF6 n’est plus produit dans le bloc.
S’exprimant lors de la rencontre de mardi, le commissaire européen à la Climat, Wopke Hoekstra, a soutenu l’argument de Berlin, confirmant qu’aucune entreprise chimique européenne ne fabriquait de fluoronitrile.
« Ne renforçons pas notre dépendance vis-à-vis d’autres régions du monde », a déclaré Wopke Hoekstra, excluant toute modification du cadre règlementaire existant.
Le commissaire a également suggéré qu’une réunion avec les opérateurs des réseaux à haute tension pourrait être nécessaire pour régler les différends.