La Commission veut boucler l’interminable dossier du brevet européen
Les entreprises innovatrices pourraient voir les coûts de traduction de leurs brevets réduits si la proposition de la Commission européenne était adoptée par les États membres.
Les entreprises innovatrices pourraient voir les coûts de traduction de leurs brevets réduits si la proposition de la Commission européenne était adoptée par les États membres.
La nouvelle réglementation présentée par le commissaire au Marché intérieur, Michel Barnier, jeudi 1er juillet, pourrait ouvrir la voie à un brevet européen émis uniquement dans l’une des trois langues suivantes : anglais, français ou allemand. Aujourd’hui, les brevets doivent déjà être déposés auprès de l’Office européen des brevets (OEB) dans l’une de ces trois langues, utilisées officiellement par l’OEB. Le règlement de la Commission propose cependant une différence de taille.
En complément de ces nouveaux arrangements, un système de traduction automatique est actuellement en développement à l’OEB. Il fournira un accès direct et gratuit aux informations existantes relatives aux brevets. Mais ces traductions n’auront pas de valeur légale et ne pourront être utilisées qu’à des fins d’information.
« Certes, le coût de la veille juridique des brevets concurrents restera important mais la proposition instaure un système simplifié, à l’instar de la traduction automatique avec prédominance des trois langues de l’OEB pour assurer une meilleure sécurité juridique et réduire la complexité des procédures », estime au contraire Antoine Chéron, avocat au Barreau de Paris et de Bruxelles, spécialiste du droit de la propriété intelectuelle et des nouvelles technologies. « La proposition vise à accroitre la compétitivité internationale des petites PME et à présenter un bon rapport coût-efficacité puisque les frais de procédure pour un brevet seront de moins de 6.200 €. Ainsi, les entreprises pourront déposer plus facilement et à moindre coût des brevets afin de protéger leurs innovations », ajoute-t-il.
Interrogée par EURACTIV.fr, Carine Piaguet, juriste conseil à l’Assemblée française des chambres françaises de commerce et de l’industrie (ACFCI) à Bruxelles se dit « contente » du projet. Reste à régler la question du coût de traduction supplémentaire pour les entreprises qui déposeraient un brevet dans leur pays dans leur langue. L’équivalent de l’INPI dans ces pays devra alors traduire le brevet dans une des trois langues de l’OEB. « Mais par qui les coûts seront-ils supportés? », interroge Carine Piaguet.