La confusion règne sur la fin des négociations d'adhésion de la Croatie à l'UE

Suite à un dîner rassemblant les ministres européens des affaires étrangères hier (23 mai), des déclarations contradictoires ont été faites concernant les dernières étapes de l'adhésion de la Croatie à l'UE. 

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Suite à un dîner rassemblant les ministres européens des affaires étrangères hier (23 mai), des déclarations contradictoires ont été faites concernant les dernières étapes de l'adhésion de la Croatie à l'UE. 

Seuls quelques ministres se sont exprimés devant les journalistes à la fin des discussions qui se sont terminées sans conclusions communes, a rapporté l'agence de presse croate HINA.

Mikulas Dzurinda, ministre des affaires étrangères en Slovaquie, un pays qui soutient la candidature de la Croatie, n'a pas donné de réponse claire quant aux chances de Zagreb de clôturer les négociations d'ici la fin de la présidence hongroise de l'UE le 30 juin.

Il a déclaré qu'il « le souhaitait » personnellement, mais que le commissaire à l'élargissement, Stefan Füle, venait de recevoir beaucoup de nouvelles informations de Zagreb et qu'il faudrait du temps pour les analyser.

« Je suis assez satisfait, comme la discussion était ouverte et constructive », a dit M. Dzurinda. « Tout le monde sait que le respect des critères est crucial, et le rapport du commissaire Füle était assez optimiste, donc je suis confiant et je pense que la Croatie parcourra les derniers mètres de cette longue course ».

Concernant une éventuelle date d'adhésion, M. Dzurinda a expliqué qu'il ne s'agissait pas de la question la plus importante pour le moment. Le plus important, c'est de parcourir les derniers mètres, a-t-il dit.

Le mécanisme de contrôle devrait reporter l'adhésion

Le ministre néerlandais des affaires étrangères, Uri Rosenthal, a déclaré que son pays plaidait pour l'introduction d'un « mécanisme supplémentaire » voué à contrôler le respect des engagements pris par la Croatie.

« Nous attendons que la Commission publie dans les prochaines semaines un rapport sur les progrès réalisés. Je pense qu'il serait bon d'introduire un mécanisme de contrôle entre la clôture des négociations et l'adhésion », a déclaré M. Rosenthal.

Le commissaire Füle reste jusqu'à présent vivement opposé à l'introduction d'un mécanisme pour contrôler la conformité de la Croatie avec les règles européenne après son adhésion officielle à l'UE. Un mécanisme similaire a été imposé à la Roumanie et à la Bulgarie lorsque les deux pays ont rejoint l'Union en 2007.

Cette fois, il semblerait que ce mécanisme, qui serait souhaité également par la France et le Royaume-Uni, serait mis en place durant la période séparant les négociations finales et l'adhésion officielle du pays. Habituellement, une période de deux ans s'écoule entre ces deux étapes.

Selon une source anonyme citée par HINA, la France aurait proposé de contrôler les progrès de la Croatie après son adhésion, mais le ministre français aux affaires européennes, Laurent Wauquiez, a démenti.

Interrogé sur la mise en œuvre du mécanisme dans la pratique, M. Wauquiez n'est pas entré dans les détails et a précisé qu'il s'agissait d'une proposition qui nécessitait l'approbation de tous les Etats membres.

L'objectif est de définir les points qui demandent une supervision, par exemple la formation des juges ou le respect des règles en matière de concurrence qui ne se limite pas au chapitre sur le judiciaire et les droits fondamentaux, a-t-il dit.

S'il est établi que ces obligations ne sont pas respectées, l'adhésion à l'UE de la Croatie pourrait être reportée, a-t-il ajouté.

Schengen avec une « nouvelle protection » ?  

M. Wauquiez a également révélé le projet de son pays de réformer la gestion de l'espace Schengen de libre circulation. Suite à des pressions exercées par la France, la Bulgarie et la Roumanie se sont récemment vu refuser leur adhésion à Schengen malgré le respect des critères techniques.

« A l'avenir, la France souhaite que l'entrée dans l'espace Schengen, au sein duquel il n'y a pas de contrôles aux frontières, ne dépende pas seulement de critères techniques. La France veut que le Traité de Schengen inclue une clause de protection pour une meilleure gestion de crise », a-t-il déclaré.

Le ministre suédois des affaires étrangères, Carl Bildt, a expliqué que, personnellement, il pensait qu'il n'était pas nécessaire de mettre en place un instrument de contrôle pour la Croatie et qu'il espérait que le pays pourrait clôturer ses négociations d'adhésion dans un futur proche.

La déclaration la plus optimiste fut celle du ministre italien des affaires étrangères, Franco Frattini, qui a affirmé que la Croatie serait prête à terminer les négociations d'adhésion d'ici la fin de la présidence hongroise de l'UE. M. Frattini s'est dit confiant quant au fait que le traité d'adhésion pourrait être signé au début de l'automne.

Le Croatian Times a cité des diplomates européens qui auraient dit que la Commission européenne voulait que la Croatie rejoigne l'UE en tant que son 28e membre le 1er juillet 2013.

La Commission devrait utiliser cette date lors de l'élaboration du budget de l'UE, pouvait-on encore lire dans le quotidien.