La course à la présidence du PPE est ouverte
Wilfried Martens, le président de longue date du Parti populaire européen (PPE), a été hospitalisé. Un évènement qui accélère la course à la tête du premier groupe politique au Parlement européen.
Wilfried Martens, le président de longue date du Parti populaire européen (PPE), a été hospitalisé. Un évènement qui accélère la course à la tête du premier groupe politique au Parlement européen.
Âgé de 77 ans, l'ancien premier ministre belge a été emmené en urgence à l'hôpital pour des problèmes de coagulation sanguine, selon la presse belge.
Sa dernière apparition publique remonte au 21 juillet à l'occasion de la prestation de serment du roi Philippe.
M. Martens a cofondé le PPE en 1976 et le préside depuis 1992.
Malgré son âge, son rôle à la tête du groupe politique n'a jamais été contesté. Certaines sources indiquent toutefois que de plus en plus de travaux sont réalisés par le secrétaire général, Antonio López-Istúriz (43 ans).
Javier Jimenez, un porte-parole du PPE, a expliqué à EURACTIV que son groupe n’envisageait pas la succession de M. Martens pour le moment. Selon les informations d'EURACTIV, le président du PPE devrait rester en fonction jusqu'aux élections européennes en 2014.
Mais les candidats potentiels se bousculent au portillon. Wilfried Martens est assisté de deux vice-présidents ex officio (le président de la Commission, José Manuel Barroso et celui du Conseil, Herman Van Rompuy), de deux présidents d'honneur (l'ancien premier ministre belge Leo Tindemans et le président finlandais Sauli Niinistö) et de neuf vice-présidents élus dont deux commissaires européens (Antonio Tajani et Michel Barnier). [voir l'organigramme du PPE]
Le successeur de M. Martens sera probablement un responsable politique senior d'un pays où le PPE occupe un rôle important, selon les informations d'EURACTIV. La France ou l'Italie sont exclues et l'avantage va à la Finlande, l'Irlande, la Lettonie, la Pologne et la Suède.
L'Allemagne, dont le parti de droite devrait enregistrer de bons résultats lors des élections à venir, risque d'être hors concours en raison de son poids économique trop important dans l'Union Européenne.
Jerzy Buzek, l'ancien président polonais du Parlement européen, est le candidat le plus indiqué. Beaucoup estiment qu'il a bien accompli son mandat entre 2009 et 2012. Mais Varsovie pourrait avoir d'autres ambitions : les postes de président de la Commission et de haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères, à pourvoir l'année prochaine. En comparaison, la présidence du PPE semble dérisoire.
L'ancien premier ministre espagnol José María Aznar figure également dans la liste des candidats éventuels. Le secrétaire général actuel du PPE devrait alors démissionner, car il serait politiquement inopportun d'avoir deux Espagnols à la tête du groupe.
La course est ouverte dans d'autres partis
La succession est également à l'ordre du jour de la rentrée politique des deux autres grands groupes.
Le président du Parti socialiste européen (PSE), Sergueï Stanichev, est accaparé par les problèmes de la Bulgarie et son secrétaire général, Achim Post, assume en grande partie ses fonctions, selon nos informations. M. Stanishev est également le président du Parti socialiste bulgare. Il tente de maintenir l'ordre au sein de la coalition gouvernementale minoritaire, qui manque de plus en plus de soutien de la population.
Le président du parti libéral ADLE, Sir Graham Watson, semble incontesté. Mais il risque de perdre sa place après les élections européennes de 2014 en raison de la montée du parti eurosceptique UKIP en Grande-Bretagne.
Le vice-président de la Commission Olli Rehn a pris de court le président du groupe ADLE au Parlement européen, Guy Verhofstadt : il souhaite mener la liste du groupe ADLE lors des élections l'année prochaine et devenir candidat au poste de président de l'exécutif européen.
M. Verhofstadt était pourtant le candidat le plus indiqué pour mener cette liste, même s'il ne l'a pas déclaré publiquement. L’annonce de M. Rehn pourrait donc lui compliquer la tâche. Neil Corlett, porte-parole du groupe ADLE, a expliqué à EURACTIV que les chefs de file du groupe discuteraient des candidats au poste de José Manuel Barroso lors d'une réunion en amont du sommet européen des 19 et 20 décembre.
Si plusieurs candidats sont désignés, un vote interne sera organisé au printemps, a-t-il ajouté.