La crise politique moldave dans l'impasse [FR]

La crise politique dans une Moldavie appauvrie devrait durer encore plusieurs mois, si le Parti communiste (opposition) choisit de bloquer l'élection du président du pays, imposant donc la tenue d'élections anticipées successives lors de la première moitié de 2010, a rapporté hier (17 août) la presse roumaine.

La crise politique dans une Moldavie appauvrie devrait durer encore plusieurs mois, si le Parti communiste (opposition) choisit de bloquer l’élection du président du pays, imposant donc la tenue d’élections anticipées successives lors de la première moitié de 2010, a rapporté hier (17 août) la presse roumaine.

Le Parti communiste (PCRM) ne soutiendra pas Marian Lupu, le candidat des partis pro-européens qui ont gagné ensemble les élections anticipées du 29 juillet, a déclaré lundi un dirigeant du PCRM au quotidien russe Kommersant.

Vladimir ?urcan, l’un des dirigeants du Parti communiste, a traité M. Lupu de « traître » et de partisan d’une politique nationaliste radicale.

Avant même les élections, les principaux analystes occidentaux ont vu en Marian Lupu, le chef du Parti démocratique, un ex-communiste, un « faiseur de roi » ; M. Lupu est entré en conflit avec le dirigeant communiste Vladimir Voronin et a créé son propre parti d’opposition (EURACTIV 28/07/09). 

Selon les rapports de presse, les quatre partis pro-européens, qui ont 53 députés dans le parlement de 101 sièges – soit assez pour former un gouvernement mais trop peu pour forcer l’élection du président de leur choix – ont convenu que M. Lupu soit candidat pour la présidence du pays. A cette fin, il leur faudra le soutien d’au moins huit députés communistes.

Les partis démocrates libéraux, libéraux et démocrates ainsi que l’Alliance Notre Moldavie ont formé une « Alliance pour l’intégration européenne », essayant de tirer la Moldavie d’une impasse politique qui dure depuis des mois, dans un contexte de dure crise économique.

La première session du Parlement, attendue le 28 août, donnera le coup d’envoi de la procédure de formation d’un nouveau gouvernement et d’élection d’un président pour remplacer le dirigeant communiste Vladimir Voronin, qui ne peut se présenter à troisième mandat.

Les dirigeants de l’Alliance pour l’intégration européenne se seraient aussi mis d’accord sur d’autres postes haut placés dans le pays, comme le chef du parti démocrate libéral Vlad Filat est pressenti comme prochain président du parlement, et que le chef du parti libéral Mihai Ghimpu comme premier ministre.

Des scénarios catastrophe

Lors des derniers jours, la presse a rapporté que les communistes pourraient finir par soutenir M. Lupu, de crainte qu’un sondage précoce leur soit préjudiciable. Selon la constitution du pays, deux élections anticipées ne peuvent être organisées la même année, et le scrutin anticipé ne pourrait pas se tenir avant le début de 2010.

Mais les déclarations de Vladimir ?urcan semblent indiquer que les communistes ont changé leur fusil d’épaule, escomptant que le futur gouvernement réformateur souffre d’un vote punitif après les privations de la période hivernale.  On a vu de semblables rebondissements se produire dans plusieurs pays d’Europe de l’Est dans les premières années de transition, qui avaient ramené les communistes au pouvoir.

Le PCRM a annoncé qu’il se retirerait dans une opposition forte, ce qui le place, dans ces conditions de crise économique, dans une position favorable pour la lutte politique, a déclaré le dirigeant communiste selon des citations.

Les analystes occidentaux s’attendent à ce que l’économie du pays se réduise de 9 pourcent avec l’échéance des paiements. Le pays a un besoin crucial d’un prêt du FMI. Aussi, la situation en Moldavie peut dégénérer du fait des derniers développements de la sécession de la région de la Transnistrie, un « conflit gelé » où la Russie entretient une garnison militaire.