La demande croissante en biomasse pourrait augmenter l’acquisition de terres

La demande mondiale croissante en énergies propres générées à partir de la biomasse pourrait entraîner une augmentation de l'acquisition de terres dans les pays plus pauvres où la sécurité alimentaire et les droits fonciers sont moins stricts, selon un rapport de l'Institut international pour l'environnement et le développement publié hier (30 août).

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La demande mondiale croissante en énergies propres générées à partir de la biomasse pourrait entraîner une augmentation de l'acquisition de terres dans les pays plus pauvres où la sécurité alimentaire et les droits fonciers sont moins stricts, selon un rapport de l'Institut international pour l'environnement et le développement publié hier (30 août).

« Si on ne la contrôle pas, la pression croissante exercée sur l'accès aux terres pourrait mettre en péril les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire dans certains des pays les plus pauvres du monde », a affirmé le groupe londonien de recherche à but non lucratif, appelant à mieux examiner les projets d'expansion de la biomasse mondiale.

Selon ce rapport, l'énergie issue de la biomasse représente 77 % des énergies renouvelables mondiales, et les arbres et plantes ligneuses comptent pour 87 % de cette biomasse.

Alors que les Etats tentent de se détacher des énergies fossiles, ils se tournent de plus en plus vers la biomasse, les nouvelles technologies permettant maintenant de la convertir de manière compétitive en combustibles liquides et en électricité.

Rien qu'en Grande-Bretagne, les projets visant à développer l'énergie issue de la biomasse stimulera la demande, et ce jusqu'à 60 millions de tonnes par an, contre un million de tonne utilisées actuellement, de manière exclusive ou combinée, dans les centrales à biomasse, selon l'IIED.

L'approvisionnement au niveau local, en utilisant le bois de forêts proches de la centrale par exemple, est valorisé dans des pays comme l'Allemagne, la France ou les Etats-Unis.

Toutefois, cherchant des terres bon marché, un climat adapté et des coûts de  transports compétitifs, les investisseurs pourraient bien se tourner de plus en plus vers l'Afrique et l'Asie du sud-est, où de nombreux pays souffrent d'insécurité alimentaire et disposent de droits fonciers limités.

De telles centrales pourraient déplacer et marginaliser des populations qui vivent sur des terres dont elles ont pris soin pendant des générations mais auxquelles elles ne peuvent officiellement prétendre.

« Les centrales à biomasse peuvent également entrer en concurrence pour obtenir les terres ayant les meilleures cultures (et des matières premières pour les biocarburants), ce qui entraîne des effets négatifs sur la sécurité alimentaire et marginalise encore un peu plus les petits exploitants », poursuit le document.

Avec une demande en bois qui devrait dépasser l'offre jusqu'à 600 % dans certains pays, et compte tenu du taux de croissance des grands arbres dans les pays tropicaux, certains pays développés pourraient se tourner vers des fournisseurs du sud moins traditionnels pour trouver une solution à leurs besoins en biomasse.

Des opérateurs brésiliens s'intéressent déjà de plus en plus à l'exportation de copeaux de bois vers l'Europe, et l'Afrique devrait également jouer un rôle important dans la réponse à la demande européenne.

« Tous les regards sont maintenant tournés vers la nourriture et les biocarburants, mais les plantations d'arbres pour l'énergie biomasse pourraient bientôt accélérer de manière importante la course mondiale aux terres », a affirmé Lorenzo Cotula, chercheur à l'IIED et coauteur du rapport.

Investir dans les centrales à biomasse pourrait devenir plus intéressant dans les prochaines années, dans la mesure où les prix des carburants fossiles augmentent et que le coût de la production de biomasse baisse avec le développement de méthodes de production, poursuit le rapport.

Les plantations de biomasse pourraient également être en mesure de générer une source supplémentaire de revenus, en vendant des crédits carbone par exemple.

EURACTIV avec Reuters – Article EURACTIV traduit de l'anglais