La Deutsche Börse accusée de spéculation sur la dette française
Eurex, une filiale de la Deutsche Börse, lancera le 16 avril prochain un nouveau contrat à terme sur les obligations d’Etat de la France. Cette initiative suscite la colère des socialistes français, qui accusent le groupe allemand de spéculer sur la dette française.
Eurex, une filiale de la Deutsche Börse, lancera le 16 avril prochain un nouveau contrat à terme sur les obligations d’Etat de la France. Cette initiative suscite la colère des socialistes français, qui accusent le groupe allemand de spéculer sur la dette française.
« En présentant un instrument de couverture contre le risque souverain, ce contrat à terme permettra en réalité aux investisseurs de parier sur la hausse ou la baisse des titres obligataires français », a déclaré le Parti socialiste français dans un communiqué.
Les nouveaux contrats à terme de la Deutsche, ont-ils ajouté, risquent « de favoriser une prophétie autoréalisatrice » et « indiquent qu’Eurex anticipe une spéculation contre la dette française alors même que les tensions exercées sur les marchés souverains ne cessent de s’exacerber ».
Dans une note, Eurex a expliqué que ces nouveaux contrats à terme sur les obligations souveraines françaises complétaient l'offre existante et venaient s'ajouter à ses contrats à terme sur les obligations souveraines allemandes (les contrats à terme Buxl, Bund, Bobl et Schatz) et à ses contrats à court, moyen et long terme sur les obligations d'Etat italiennes (contrats à terme Euro-BTP) introduits en 2009.
« Avec l'introduction de ces nouveaux contrats, nous répondons à une demande des acteurs du marché pour des produits de couverture plus personnalisés », a expliqué Mehtap Dinc, responsable produits chez Eurex.
Les sociétés buy-side et sell-side, dont Barclays et Morgan Stanley, ont témoigné un intérêt significatif pour ces nouveaux contrats, a affirmé Eurex.
Ce type de contrats à terme n'est pas une nouveauté et acte d'« une fragmentation croissante du marché des capitaux européens », ont expliqué les socialistes français.
Selon eux, ces contrats hypothèquent un peu plus la création d’euro-obligations qui permettrait de mutualiser la dette européenne et de protéger les pays contre les attaques spéculatives.
« Les initiatives d’acteurs financiers privés pariant sur l’accroissement des divergences économiques entre pays de la zone euro doivent être combattues », ont ajouté les socialistes français.
Eurex a annoncé que ces nouveaux contrats à terme seraient introduits le 16 avril prochain.