La FNSEA "ne croit pas à une rupture" sur la PAC

Le nom du ministre de l’Agriculture de François Hollande n’est pas encore connu, mais le principal syndicat agricole n’envisage pas une modification radicale des positions françaises sur les grands dossiers.

EURACTIV.fr
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Le nom du ministre de l’Agriculture de François Hollande n’est pas encore connu, mais le principal syndicat agricole n’envisage pas une modification radicale des positions françaises sur les grands dossiers.

Le changement, c’est maintenant, scandaient les sympathisants du nouveau président François Hollande, lors de sa campagne. De leur côté, les agriculteurs misent plutôt sur une certaine continuité. 

Lors d’une conférence de presse, organisée vendredi 11 mai, le président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) Xavier Beulin a déclaré qu’il ne croyait pas à une « rupture » des positions françaises dans les négociations en cours à Bruxelles sur l’avenir de la politique agricole commune (PAC). 

>>> Lire : « La réforme de la PAC progresse malgré tout »

Le précédent gouvernement a toujours défendu avec fermeté des budgets annuels pour la période 2014-2020 à l’euro près identique à celui de 2013, quitte à sacrifier une partie de la politique régionale de l’UE, 2ème poste de dépense après l’agriculture.

Selon Xavier Beulin, le Parti socialiste « ne touchera pas au budget », même s’il détient 21 des 22 régions françaises. « Pour la PAC, le plus important, c’est d’avoir le budget (…) pour ensuite débattre du fond. » 

Europe civique

En revanche, le président de la FNSEA prévoit une tendance plus forte à la régionalisation des aides venant du Fonds européen agricole pour le développement rural. Il a cependant précisé que la FNSEA était opposée au développement de « 22 petites PAC ». Il a aussi souligné que la situation financière de certaines régions pourrait poser des problèmes pour le co-financement de ces projets et ainsi pénaliser les agriculteurs.

Xavier Beulin a regretté que 30% des Français aient voté pour des partis politiques extrêmes qui accusent l’Union européenne d’être responsable des problèmes de la France. « Nous continuons d’analyser les résultats du premier tour » et le vote en milieu rural au sein duquel le Front national a fortement émergé. 

La FNSEA rejette toute idée de repli sur soi. « Nous voulons mieux d’Europe. Une Europe qui rassure, qui protège (…) et qui nous amène à une forme de convergence » comme dans le domaine social a expliqué le président du syndicat. « Il faut travailler sur ces questions de manières civiques. »

Bien connaître la sphère européenne 

Les tractations vont encore bon train autour de la formation du gouvernement de François Hollande. La FNSEA affirme ne pas avoir de préférence pour le futur ministre en charge de l’agriculture, mais préfèrerait quelqu’un qui connaisse bien la sphère européenne. Le nom qui vient alors directement à l’esprit est celui de Stéphane Le Foll, proche du nouveau président et député européen qui travaille déjà sur la réforme de la PAC.

Au-delà de la personne, Xavier Beulin a souligné la nécessité de désigner un ministre et non pas un secrétaire d’État, pour peser au maximum dans les discussions à Bruxelles et faire entendre la voix de la France.

Il a aussi émis le souhait que les prérogatives du ministre dépassent l’unique cadre productif. « L’agriculture, au sens large, est une solution pour notre pays ». Le responsable syndical souhaite la mise en place d’un « pôle d’excellence », qui engloberait le secteur agroalimentaire et permettrait de développer « un maillage plus intime entre les deux pour sortir de la vision binaire ».