La France adopte une loi controversée sur la reconnaissance du génocide arménien [FR]
L'Assemblée Nationale a adopté un projet de loi qui sanctionnerait la négation du massacre des Arméniens en Turquie, suscitant la colère d'Ankara et la condamnation de Bruxelles.
L’Assemblée Nationale a adopté un projet de loi qui sanctionnerait la négation du massacre des Arméniens en Turquie, suscitant la colère d’Ankara et la condamnation de Bruxelles.
La loi, qui doit encore faire l’objet d’une seconde lecture avant d’entrer en vigueur, a suscité la colère d’Ankara, le ministre turc de l’économie, Ali Babacan, indiquant qu’il ne pouvait exclure des conséquences commerciales pour la France.
Dans une déclaration, le ministre turc des affaires étrangères a parlé d’un « coup dur » aux « relations historiques de longue date entre la Turquie et la France » et a qualifié cette proposition d' »irresponsable ».
A Bruxelles, Krisztina Nagy, la porte-parole du commissaire à l’élargissement Olli Rehn, a déclaré que la loi « empêcherait le dialogue nécessaire pour la réconciliation sur ce sujet ».
« Ce n’est pas à la loi d’écrire l’histoire. Les historiens doivent pouvoir débattre, » a indiqué Mme Nagy.
Le vote fait suite à la visite du président Chirac à Yerevan en septembre 2006, où il a appelé la Turquie à reconnaître les massacres comme un génocide.
Par ailleurs, l’écrivain turc Orhan Pamuk a reçu, le 12 octobre, le Prix Nobel de Littérature. Ankara avait poursuivi l’écrivain pour « dénigrement de l’identité turque » dans des déclarations publiques sur les massacres des Arméniens, mais avait finalement renoncé à ces poursuites à la suite pressions de la communauté internationale.
Les législateurs turcs ont proposé le 11 octobre une loi en réaction à la proposition française, qui reconnaîtrait le « génocide algérien » mené par les forces coloniales françaises en 1945.