La France demande l’interdiction du maïs transgénique dans l’UE

Le gouvernement français a envoyé, lundi 20 février, une demande de suspension au niveau européen de l’autorisation de mise en culture du maïs transgénique Monsanto 810. En cas de refus, le pays prendra un arrêté d’interdiction sur son territoire.

EURACTIV.fr
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Le gouvernement français a envoyé, lundi 20 février, une demande de suspension au niveau européen de l’autorisation de mise en culture du maïs transgénique Monsanto 810. En cas de refus, le pays prendra un arrêté d’interdiction sur son territoire.

Sans surprise, « les autorités françaises ont saisi (…) la Commission européenne pour lui demander de suspendre l’autorisation de mise en culture du maïs MON810 » sur le territoire de l’UE ont annoncé, lundi 20 février, les ministères de l’Agriculture et de l’Ecologie.

Moratoire

Ils justifient leur décision par « les dernières études scientifiques, et notamment un avis de l’Autorité Européenne de sécurité des aliments de décembre 2011 (…) qui montrent que la culture de ce maïs présente des risques importants pour l’environnement ».

Le gouvernement laisse le temps à la Commission d’étudier les éventuels risques environnementaux de ce maïs, mais une décision devrait être prise d’ici deux à trois semaines, soit avant les semis de maïs qui interviennent à la mi-mars.

Les services du commissaire à la Santé, John Dalli, ont confirmé avoir bien reçu la requête française et s’apprêter à étudier les données scientifiques. Si l’autorisation de culture de maïs transgénique n’est pas suspendu au niveau européen, Paris prendra un arrêté d’interdiction de sa culture sur son propre territoire a ajouté le ministère de l’Agriculture. Comme il l’avait fait en 2008, avant qu’une décision de justice ne remette tout en cause. 

Promesse tenue

Le 28 novembre 2011, le Conseil d’État avait en effet suspendu la précédente interdiction de commercialisation et cultures des semences transgéniques rendant de facto possibles la mise en culture de maïs transgénique pour l’année 2012. Mais les ministres de l’Écologie et de l’Agriculture avaient annoncé dès janvier que la culture de ce maïs resterait interdite dans le pays et qu’un texte serait publié avant la période de mise en culture.

Sur son compte Twitter, la ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a annoncé avoir tenue sa promesse avant de quitter ses fonctions pour devenir porte-parole de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Rien depuis 2008

José Bové, député européen et militant écologiste anti-OGM, s’est félicité lundi de cette décision. « C’est un soulagement pour toute la profession agricole – notamment les apiculteurs – qui se bat pour préserver son droit de produire sans OGM, ainsi que pour les consommateurs, qui les refusent massivement dans leurs assiettes », a-t-il écrit dans un communiqué.

Le semencier, l’entreprise Monsanto, a pour sa part déclaré qu’il ne commercialiserait pas ce maïs en France en 2012, estimant que les conditions favorables n’étaient pas réunies. Il n’a ni vendu, ni expérimenté des semences de maïs MON 810 dans le pays depuis 2008.

Le géant américain des pesticides a été condamné la semaine dernière pour la première fois pour l’intoxication d’un agriculteur charentais qui a inhalé du « Lasso », un pesticide aujourd’hui interdit. Il va faire appel de cette condamnation.