La France doit agir pour réduire ses déficits, selon l’OCDE

L’Organisation pour la coopération et le développement économiques a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour la France. Néanmoins, elle estime que le pays doit poursuivre ses efforts d’assainissement du budget.

EURACTIV.fr

L’Organisation pour la coopération et le développement économiques a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour la France. Néanmoins, elle estime que le pays doit poursuivre ses efforts d’assainissement du budget.

La reprise « modeste » que connaît l’économie française ne suffira pas à effacer les cicatrices de la crise et Paris doit fournir de nouveaux efforts en matière de consolidation budgétaire, estime l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) dans ses perspectives économiques publiées le 25 mai.

L’OCDE a revu une nouvelle fois à la hausse ses prévisions de croissance pour la France. L’organisation prévoit désormais 2,2% de hausse du PIB cette année. Davantage que les 2 % initialement prévus par le gouvernement français.

La consommation privée et les exportations ont été les principaux moteurs de la reprise, explique-t-elle, mais les investissements des entreprises regagnent aussi en vitesse par rapport à 2010.

Chômage persistant

L’OCDE constate cependant que la baisse du taux de chômage est restée lente, voire nulle, si l’on prend en compte les demandeurs d’emploi exerçant une activité réduite.

« En outre, le chômage de longue durée continue d’augmenter. Si l’on ajoute la part croissante des travailleurs âgés dans l’ensemble des chômeurs, le risque d’une augmentation du chômage structurel est important », estime l’OCDE.

L’organisation prévoit ainsi un reflux limité du taux de chômage, à 9,5% en 2011 contre 9,7 l’année dernière, puis et 9,3 % en 2012.

Discipline budgétaire

L’OCDE salue parallèlement l’évolution « appropriée » de la situation budgétaire et l’engagement renouvelé de Paris à poursuivre la réduction des déficits publics, à 5,6% cette année, 4,6% en 2012 et 2% en 2014.

« Cependant, les mesures précises pour y parvenir doivent être rapidement détaillées », souligne-t-elle. « Alors que la France entre en période préélectorale, la réalisation de la consolidation prévue se fait de plus en plus incertaine. »

Par ailleurs, l’organisation prône une nouvelle réduction de la dépense publique et des niches fiscales. Une hausse de la taxe foncière et de la TVA devrait être mise à l’étude.

« Règle d’or »

Enfin, l’organisation souligne la nécessité d’une réforme institutionnelle durcissant le cadre budgétaire. Faisant référence au débat en cours sur l’inscription dans la constitution d’une « règle d’or » sur les finances publiques, elle estime qu’une telle mesure pourrait « verrouiller l’engagement politique et ancrer la crédibilité [de l’économie du pays] à long terme ».

Le 10 mai, l’Assemblée nationale a approuvé le projet de loi constitutionnelle sur l’équilibre des comptes publics. Mais l’opposition des partis de gauche risque de compromettre l’adoption définitive du texte.