La France et l’Italie s'accordent sur la feuille de route de l’UE
Alors que les Etats membres préparent leurs listes de priorités pour la prochaine Commission européenne, la France et l'Italie tentent le front commun sur certains problématiques. Politique commune d'immigration et relance de la croissance figurent au programme des deux pays.
Alors que les Etats membres préparent leurs listes de priorités pour la prochaine Commission européenne, la France et l’Italie tentent le front commun sur certains problématiques. Politique commune d’immigration et relance de la croissance figurent au programme des deux pays.
Le secrétaire d’État français aux Affaires européennes, Harlem Désir et son homologue italien, Sandro Gozi se sont rencontré à Paris à quelques jours du début de la présidence tournante de l’Italie du Conseil de l’Union européenne.
La Grèce, qui a assuré la présidence tournante au cours du premier semestre de l’année 2014 doit céder la place à l’Italie à partir du 1erjuillet 2014.
Au cours de la rencontre, les deux ministres ont évoqué les priorités pour l’Union au cours des cinq prochaines années. Un programme qui fait suite aux élections européennes de mai et au renouvellement des institutions européennes. Les États membres sont en effet appelés à dresser une feuille de route des priorités de la prochaine Commission européenne.
« Le message des Européens signifie qu’il faut changer l’Europe, changer l’Union européenne» a souligné Sandro Gozi. « Il faut montrer avec des initiatives concrètes qu’on a entendu le message » a-t-il poursuivi.
En Italie et en France, les élections européennes se sont en effet soldées par la montée d’un vote protestataire. En France, le parti d’extrême droite anti-européen le Front national a remporté 24 sièges d’élus au Parlement de Bruxelles et Strasbourg. En 2009, il n’en avait obtenu que 3. Du côté italien, le Mouvement 5 étoiles (M5S) de l’eurosceptique Beppe Grillo a fait une entrée fracassante en remportant 17 sièges.
Priorités communes
La feuille de route française reprend un certain nombre de priorités, où la croissance occupe la première place. Parmi les pistes françaises pour relancer l’économie et les investissements, le secrétaire d’État a avancé l’idée d’un «plan d’épargne européen» permettant aux épargnants de l’UE. « L’épargne est abondante en Union européenne, où le taux d’épargne de l’ordre de 12% alors qu’aux États-Unis il tourne autour de 8% » a détaillé Harlem Désir.
Le lancement d’un « produit d’épargne du type livret développement durable », permettrait aux épargnants européens de déposer une partie de leur épargne, « qui serait mobilisée afin d’investir sur des projets européens dans les domaines de l’économie numérique, de la croissance verte ».
Les autres priorités françaises détaillées par Harlem Désir comptent sans surprise la transition énergétique ainsi que l’Europe sociale et la lutte contre le chômage de jeunes, des axes figurant également au programme italien.
Immigration
La priorité italienne reste cependant le renforcement de la politique européenne d’immigration et la mise en œuvre d’une véritable politique européenne d’asile « Toute l’Europe paye l’absence d’Europe dans la politique d’immigration et de droit d’asile » a souligné Sandro Gozi.
« Il faut faire accepter l’idée au niveau européen que la méditerranée est une frontière commune et doit être gérée de manière commune » a martelé le ministre. Une approche soutenue par la France qui a également mis le sujet de l’espace de liberté, de sécurité et de justice au nombre de ses priorités et appelle au renforcement des capacités de Frontex, l’agence chargée de la surveillance des frontières européennes.
Interprétation du pacte de stabilité
Un autre sujet semble avoir remporté l’adhésion des deux ministres des Affaires européennes, celui de l’assouplissement des règles européennes du pacte de croissance et de stabilité. Une position qui prend le contrepied de l’Allemagne, qui milite en faveur d’un respect strict des engagements européens de réduction de la dette publique et des déficits des États membres.
« Nous pensons que l’application des politiques existantes a été trop stricte » a déclaré Sandro Gozi. « Depuis la révision du pacte de stabilité et de croissance, il y a une certaine flexibilité dans les règles européennes lorsqu’un pays engage des réformes structurelles bénéfiques sur le long terme. Mais il y a une interprétation restrictive de cette flexibilité, toujours davantage en faveur de la stabilité que de la croissance » a-t-il regretté.
« C’est une réinterprétation des règles en fonction de la priorité que nous avons qui est la croissance que nous demandons et non pas un changement de règles » a renchéri Harlem Désir.