La France, l’Allemagne, l’Autriche et le Royaume-Uni renforcent la protection policière des espaces communautaires juifs

La France, l’Allemagne, l’Autriche et le Royaume-Uni ont décidé de renforcer la protection des écoles, des institutions et des lieux de culte juifs à la suite de l'assaut mené par l'organisation terroriste du Hamas contre Israël.

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Le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a déclaré que le renforcement était essentiellement préventif, tandis que les responsables politiques autrichiens, anglais et allemands ont critiqué les manifestations en soutien au Hamas. [Shutterstock/Werner Spremberg]

La France, l’Allemagne, l’Autriche et le Royaume-Uni ont décidé de renforcer la protection des écoles, des institutions et des lieux de culte juifs à la suite de l’assaut mené par l’organisation terroriste du Hamas contre Israël.

Le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a déclaré que le renforcement était essentiellement préventif, tandis que les responsables politiques autrichiens, anglais et allemands ont critiqué les manifestations en soutien au Hamas.

L’assaut lancé vendredi (6 octobre) par le Hamas depuis la bande de Gaza revêt un aspect symbolique fort. Il a en effet été déclenché presque 50 ans jour pour jour après la guerre d’Octobre, plus connue sous le nom de guerre du Kippour.

La France a pris la décision de renforcer la surveillance des espaces juifs sur son territoire après que le Hamas, considéré par l’Union européenne, les États-Unis et plusieurs autres pays comme une organisation terroriste, a lancé un assaut coordonné de grande échelle contre Israël.

« Ce que nous craignons, ce sont les effets d’entraînement, les effets de répétition. Il y a en Europe des cellules dormantes de terrorisme, qui peuvent se réactiver à tout moment, on le sait », a déclaré Yohnathan Arfi, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), sur France Culture.

« Je rappelle toujours que les attentats de l’Hyper Cacher [en janvier 2015] et de Toulouse [mars 2012] ont été commis par des terroristes qui, dans leur justification, faisaient référence à la situation entre Israël et les Palestiniens », a expliqué M. Arfi.

Protection policière accrue

« Chaque fois qu’Israël est attaqué, les islamistes et autres racistes utilisent les mesures de défense israéliennes comme prétexte pour attiser la haine contre les Juifs britanniques », a écrit la ministre de l’Intérieur britannique, Suella Braverman, sur X.

« J’attends de la police qu’elle utilise toute la force de la loi contre les manifestations de soutien au Hamas », a-t-elle ajouté en réponse à des images d’individus à Londres, semblant célébrer l’assaut du Hamas.

L’Allemagne a également réagi en renforçant la protection de ses concitoyens juifs et des institutions israéliennes. La ministre de l’Intérieur Nancy Faeser a annoncé sur X que « la protection des Juifs en Allemagne est notre priorité absolue ».

« Dans les alentours de la Sonnenallee, des individus se sont rassemblés pour célébrer l’assaut contre Israël. […] En raison de déclarations répétées contre Israël et faisant l’apologie de la violence, le rassemblement a été dissous peu après son début », a indiqué la police berlinoise samedi soir sur X.

Dimanche, la police berlinoise a déployé 450 agents pour « assurer la sécurité d’une manifestation de solidarité en faveur d’Israël à la Porte de Brandebourg », icône allemande de la réunification et de la paix.

L’Autriche a également pris des mesures fortes, et plusieurs responsables politiques de haut niveau ont commenté les événements.

« Nos pensées vont aux victimes et à leurs familles. La terreur n’a pas d’excuse », a déclaré le chancelier autrichien Karl Nehammer.

Le président du pays, Alexander Van der Bellen, s’est dit « horrifié » par « la poursuite de l’attaque brutale du Hamas contre Israël et par la terreur et la violence qu’il fait régner contre des innocents ».

L’opposition s’est également exprimée, le chef de file des sociaux-démocrates, Andreas Babler, déclarant qu’il condamnait « l’attaque brutale » dans les « termes les plus forts possibles », tout en rappelant à son parti que « rien ne justifie cette violence ».

À Vienne, un petit nombre de manifestants pro-Hamas ont manifesté leur soutien à l’attaque dans la nuit de samedi à dimanche, a rapporté Kollektiv Communique.

Le ministère autrichien de l’Intérieur a confirmé que l’Autriche avait renforcé la surveillance des principales institutions et installations israéliennes quelques heures après l’attentat.

« L’Office pour la protection de la Constitution prend des mesures cohérentes contre toutes les formes d’extrémisme islamiste et de terrorisme », a déclaré le ministre de l’Intérieur autrichien Gerhard Karner (affilié à la droite européenne du PPE).

En Belgique les espaces juifs tels que les lieux de cultes, les associations et les écoles, étaient déjà catégorisés comme présentant un niveau élevé de menace par l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (OCAM) et bénéficiaient donc d’une sécurité renforcée depuis les attentats de 2014 ayant visé le Musée juif de Bruxelles.

Cependant, le député NV-A (affilié aux Conservateurs et Réformistes européens) à la Chambre Michael Freilich, qui est également Juif orthodoxe, a déploré la fin de la surveillance militaire des rues en 2021 et donc la diminution de la sécurité autour des institutions juives. Il a indiqué à l’agence de presse Belga que les tensions pouvaient donc « s’intensifier à tout moment ».

À Anvers, par exemple, le bourgmestre Bart de Wever (NV-A) a déjà annoncé une surveillance policière accrue des espaces juifs.

« Dans un climat si tendu, il est irresponsable de ne pas prendre des mesures de sécurité supplémentaires », a souligné M. Freilich.

C’est pourquoi il demande au gouvernement fédéral d’envoyer « un signal clair » pour répondre à l’inquiétude au sein de sa communauté.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]