La France opère un « glissement sémantique » sur l’Union méditerranéenne [FR]

D’après Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, la présidence française de l’UE va chercher à construire une « Union pour la Méditerranée » et non une « Union méditerranéenne ». 

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D’après Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, la présidence française de l’UE va chercher à construire une « Union pour la Méditerranée » et non une « Union méditerranéenne ». 

M. Jouyet a qualifié ce nouveau terme de « glissement sémantique qui n’a rien d’anodin », indiquant que la présidence française souhaite apaiser les critiques de ses partenaires européens sur le projet controversé d’Union méditerranéenne. 

En effet, la proposition d’Union entre l’UE et les pays méditerranéens tiers avait fait l’objet de vives critiques, principalement de l’Allemagne, la chancelière Angela Merkel ayant affirmé qu’il ne devait pas y avoir une Europe des sociétés fermées (EURACTIV 13/12/07).

La frontière méditerranéenne est essentielle pour l’UE, d’après M. Jouyet, et représente d’énormes risques démographiques et géostratégiques. Pour lui, l’intégration dans la zone méditerranéenne doit être plus forte et cette Union pourrait offrir de nouvelles opportunités pour le dialogue entre les civilisations. 

Il s’est déclaré optimiste sur la possibilité de trouver un accord entre tous les Etats membres de l’UE. 

Parallèlement, une rencontre entre le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel, initialement prévue le 3 mars, a été reportée au mois de juin, d’après un article d’EURACTIV France. Selon le quotidien allemand Die Welt, ce changement est dû à des dissensions sur la proposition française d’Union méditerranéenne. 

M. Jouyet a également dit clairement que la France n’approuverait pas officiellement Tony Blair ou tout autre candidat potentiel au poste de président du Conseil de l’UE à ce stade. 

D’après M. Jouyet, la France n’a pas de candidat favori et ne fera aucun commentaire sur ce sujet avant fin 2008. En revanche, il estime que la personne choisie pour cette fonction devra être charismatique, disposer de l’expérience requise et de l’aptitude à dynamiser le travail du Conseil européen. 

Le président Nicolas Sarkozy avait précédemment laissé clairement entendre que sa préférence allait à M. Blair, faisant son éloge comme le plus Européen des Premiers ministres britanniques.