La France s'oppose aux discussions sur la libéralisation des visas

Suite aux explusions controversées des émigrants Roms illégaux menées par la France, dont la plupart sont des ressortissants de l'UE originaires de la Roumanie ou de la Bulgarie, Paris a signalé son opposition à la suppression des obligations de visa pour les citoyens bosniaques et albanais. EURACTIV.fr a contribué à cet article.

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Suite aux explusions controversées des émigrants Roms illégaux menées par la France, dont la plupart sont des ressortissants de l'UE originaires de la Roumanie ou de la Bulgarie, Paris a signalé son opposition à la suppression des obligations de visa pour les citoyens bosniaques et albanais. EURACTIV.fr a contribué à cet article.

Le quotidien français Le Monde a rapporté que la France avait critiqué la Commission européenne pour avoir poursuivi les discussions de libéralisation des visas avec les pays des Balkans occidentaux pour des raisons politiques, négligeant les risques associés à une plus grande ouverture des frontières de l'UE.

La Commission veut qu'une mesure soit mise en place mais ne s'occupera pas des impacts négatifs, a dit un diplomate français de haut rang qui a préféré conserver l'anonymat.

Il a ajouté que les Etats membres de l'UE, en fin de compte, devraient gérer eux-mêmes les questions d'immigration et de sécurité résultant de la levée des visas avec les Balkans occidentaux (voir "Background").

S'adressant au Parlement européen le 29 septembre, le secrétaire d'Etat français aux affaires européennes Pierre Lellouche a qualifié la politique de visas de « question de sécurité ».

L'an dernier, les visas ont été levés pour les pays de l'ex-Yougoslavie. Il reste encore l'Albanie et la Bosnie-Herzégovine. C'est à chaque fois un exercice très délicat. Mon opinion, et je pense que c'est également celle du gouvernement, est que la problématique des visas est une question de sécurité. Ce n'est pas seulement un cadeau diplomatique que nous offrons en cours de route, a dit M. Lellouche.

Il a ajouté que la France exigerait des garanties de sécurité de la part de l'Albanie et de la Bosnie avant de donner son feu vert pour lever les exigences de visas pour ces pays. Il a également indiqué que dans le cas de la Bosnie, il y avait besoin qu'un Etat soit mis en place, avec lequel la France pourrait s'entretenir.

La Bosnie-Herzégovine reste un pays où la République serbe de Bosnie et la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine vivent dans deux mondes séparés.

Le dernier mot revient au Parlement européen et aux Etats membres

Interrogée par EURACTIV, Michele Cercone, porte-parole de la commissaire européenne aux affaires intérieures Cecilia Malmström, a dit que la Commission avait fait son travail, à la fois en proposant une libéralisation des visas et en ayant vérifié que tous les critères avaient été remplis.

Maintenant que toutes les conditions ont été remplies, il appartient au Parlement et au conseil d'adopter une décision finale, a dit Mme Cercone.

Le Parlement européen soutient en grande majorité l'extension de la libéralisation des visas à la Bosnie et l'Albanie. Tanja Fajon, rapporteur du Parlement sur cette question (Socialistes & Démocrates; Slovénie), a récemment appelé fermement à trouver une date pour terminer les discussions avant la fin de l'année.

La semaine dernière, la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures du Parlement européen a adopté un projet de résolution pour la libéralisation des visas pour l'Albanie et la Bosnie, avant 49 votes pour et seulement deux abstentions.