« Inabordable » : Berlin réclame une réduction de 400 milliards d'euros du budget de l'UE

Le principal contributeur au budget a appelé à plusieurs reprises à des réductions budgétaires plus importantes et plus équilibrées

EURACTIV.com
Friedrich Merz [Photo : Ronny Hartmann/picture alliance via Getty Images]

L’Allemagne exige que le prochain budget septennal de l’UE soit réduit de 400 milliards d’euros, avertissant qu’un accord sur le projet de plan de dépenses de 2 000 milliards d’euros est « impossible » sous sa forme actuelle.

Même avec cette réduction, Berlin devrait encore verser plus de 50 milliards d’euros par an, mais le gouvernement estime que « dans l’état actuel des choses, un accord est impossible », selon un document interne cité par Reuters.

Berlin milite depuis longtemps en faveur de réductions plus importantes de la proposition de la Commission européenne pour la période 2028-2034, aux côtés d’un groupe de pays frugaux, notamment la Suède, l’Autriche et les Pays-Bas.

À l’issue d’un récent sommet européen, Friedrich Merz, le chancelier allemand, a déclaré que ces projets budgétaires impliqueraient pour l’Allemagne de payer « au moins 15 milliards d’euros, voire plutôt 20 milliards d’euros » de plus par an, qualifiant les chiffres actuels d’« inabordables et déséquilibrés ».

L’Allemagne est le principal contributeur à ce plan de dépenses pluriannuel, qui doit être approuvé par l’ensemble des 27 pays de l’UE. 

En juin, la présidence chypriote a proposé une réduction globale de 2 %, ce qui a été critiqué par les contributeurs nets, dont l’Allemagne.

Berlin a exigé des coupes plus équilibrées, notamment dans les domaines traditionnels de financement tels que la cohésion et l’agriculture, qui ont été largement épargnés par Chypre.

L’équilibre entre les principaux piliers de la programmation est « tout aussi en suspens que la question de savoir comment l’UE devrait réellement financer ses recettes », a déclaré Merz.

Il a également exhorté les capitales à conclure un accord d’ici la fin de l’année afin de garantir une sécurité de planification avant l’entrée en vigueur du budget début 2028.

L’Irlande, qui prendra mercredi la présidence tournante du Conseil de l’UE pour six mois, est chargée de préparer une « boîte de négociation » (négo box) révisée d’ici la réunion des dirigeants de l’UE prévue mi-octobre.

Elle devra également relancer les négociations au point mort concernant les recettes à l’échelle de l’UE, appelées « ressources propres », qui devraient contribuer au financement du budget.

Le gouvernement allemand n’a pas répondu à une demande de commentaire.

(mm)