La France tente d'attirer des immigrants plus qualifiés [FR]
Les experts de l'immigration et du marché du travail se montrent réservés sur une nouvelle proposition de loi sur l'immigration en France, qui prévoit d'accueillir des travailleurs mieux qualifiés.
Les experts de l’immigration et du marché du travail se montrent réservés sur une nouvelle proposition de loi sur l’immigration en France, qui prévoit d’accueillir des travailleurs mieux qualifiés.
A l’heure où l’Allemagne se rend compte que son système de « Carte verte » ne suffit pas pour attirer des travailleurs étrangers qualifiés, le ministre français de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, propose une approche semblable pour son pays.
Les travailleurs ayant de bonnes qualifications se verront accorder un permis de travail et de séjour n’excédant pas trois ans. Par ailleurs, l’immigration des personnes peu qualifiées sera plus difficile. Les immigrants devront apprendre le français et prendre des cours sur les valeurs et la société françaises, et perdront le droit à un permis de séjour de longue durée, qui, jusqu’à présent, était octroyé au bout de dix années de séjour en France.
La France, comme d’autres pays européens, rivalise avec les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Suisse en tentant d’attirer les travailleurs et les scientifiques hautement qualifiés sur le marché du travail mondial.
M. Sarkozy a mentionné une étude selon laquelle la moitié des travailleurs immigrés au Canada et aux Etats-Unis sont titulaires de diplômes universitaires. En France, en revanche, la plupart s’est arrêtée avant la fin de l’enseignement secondaire. Dans un récent dossier, Jacob von Weizsäcker de Bruegel recommande à la France d’adopter un système d’immigration à points comme ceux des deux pays nord-américains, afin d’obtenir de meilleurs résultats dans ce qu’il appelle « la concurrence mondiale pour le talent » (the global competition for talent »).
En 2003, la Commission a invité les Etats membres à adopter des politiques d’immigration comprenant des incitations à combler les différences de qualifications entre immigrants. Cependant, confrontés à des taux de chômage élevés, les gouvernements ont du mal à expliquer la nécessité de favoriser l’immigration de travailleurs dans des secteurs à haute qualification comme les TIC et la science, et dans les secteurs en manque de main d’oeuvre notoire, telle que l’hôtellerie-restauration.