La France va accélérer le déploiement de nouveaux réacteurs nucléaires
Les députés français ont définitivement entériné mardi (16 mai) le projet de loi permettant d’accélérer la construction de nouveaux réacteurs nucléaires, le gouvernement salue une avancée écologique.
Les députés français ont définitivement entériné mardi (16 mai) le projet de loi permettant d’accélérer la construction de nouveaux réacteurs nucléaires. Le gouvernement salue une avancée pour la transition énergétique et écologique.
Lors d’un vote mardi soir sur le texte de compromis entre l’Assemblée nationale et le Sénat issu de la Commission mixte paritaire (CMP), les députés ont validé le projet de loi d’accélération de construction des nouveaux réacteurs nucléaires. Le texte a été voté par 399 voix contre 100.
Les députés de la majorité (Renaissance, Horizons, Modem), des indépendants (LIOT), de la droite (Les Républicains) et de l’extrême droite (Rassemblement national) ont voté en faveur du texte, avec une dizaine d’élus communistes. Parmi les opposants, les Verts, La France insoumise et une poignée de communistes ont voté « contre », tandis que les socialistes se sont abstenus.
Adopté par les sénateurs le 9 mai dernier, le projet est désormais en attente de promulgation pour devenir loi. Une fois entrée en vigueur, elle permettra d’abord d’accélérer la construction de nouveaux réacteurs nucléaires, en simplifiant les procédures administratives et les documents d’urbanisme à fournir. Le ministère de la Transition énergétique table sur une réduction d’au moins deux ans des futurs chantiers.
Le texte prévoit également la possibilité de prolonger la durée de vie des réacteurs existants au-delà de 60 ans. Il entérine aussi un durcissement des peines à l’encontre de celui qui s’introduit illégalement dans une centrale nucléaire, désormais fixées à un maximum de deux ans d’emprisonnement.
Enfin, pendant les débats, le plafonnement à 50 % d’électricité nucléaire dans le mix énergétique a été supprimé.
Le gouvernement table dorénavant sur la construction de six nouveaux réacteurs de type EPR2. Le premier béton est attendu pour 2027. Huit supplémentaires sont également à confirmer.
Cela s’inscrit dans la stratégie gouvernementale consistant à réduire la consommation énergétique des Français et à faciliter le développement des énergies renouvelables et du nucléaire.
Les ONG de protection de l’environnement opposées au nucléaire ont dénoncé « une loi en déconnexion totale avec les impératifs écologiques et climatiques », selon les mots de Greenpeace. Celle-ci met notamment en cause « la lenteur de la construction des réacteurs nucléaires », ainsi que « la sûreté » et « les conflits d’usage d’eau » auxquels il faut s’attendre.
A contrario, la ministre chargée de l’Énergie, Agnès Pannier-Runacher, a salué, à l’issue du vote, une mesure écologique.
« Voter contre les ENR [énergies renouvelables] & le nucléaire, c’est voter POUR les énergies fossiles. C’est voter POUR le réchauffement climatique », a-t-elle lancé à l’adresse des députés s’étant opposés au texte. Parmi ceux-ci, le député insoumis, Maxime Laisney, indique que le Conseil constitutionnel sera saisi sur la constitutionnalité du texte.
Dans la matinée de mardi, 16 États européens ont participé à Paris à la troisième réunion de l’ « alliance du nucléaire », annonçant vouloir préparer une feuille de route pour le développement d’une filière nucléaire européenne intégrée et atteindre 150 GW de nucléaire dans le mix électrique de l’UE d’ici à 2050.
[Paul Messad a contribué à la rédaction de cet article]