La gauche allemande pourrait s’allier contre Angela Merkel

Le président de la gauche allemande a exhorté les sociaux-démocrates (SPD) à revoir leur interdiction d’une alliance électorale. Un sondage d’opinion révèle que les trois partis dans l’opposition pourraient battre de justesse la chancelière lors des élections du 22 septembre.

EURACTIV.com / Reuters
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Le président de la gauche allemande a exhorté les sociaux-démocrates (SPD) à revoir leur interdiction d’une alliance électorale. Un sondage d’opinion révèle que les trois partis dans l’opposition pourraient battre de justesse la chancelière lors des élections du 22 septembre.

Gregor Gysi, le président du groupe parlementaire Die Linke (La Gauche), a déclaré lors de plusieurs entretiens dimanche 4 août que le SPD devrait arrêter d'exclure le parti en raison de son passé communiste.

« Je ne vois pas ce qui empêcherait Die Linke de faire partie un jour d'un gouvernement en Allemagne », estime-t-il dans les colonnes du Bild am Sonntag. Le journal a publié un sondage qui montre qu'une coalition SPD-Verts-Die Linke est créditée de 46 % des intentions de vote, un point devant l'alliance de centre-droit d'Angela Merkel.

« Le SPD doit comprendre que, sans nous, il ne décrochera pas la chancellerie », a ajouté M. Gysi, qui ne cache pas son intérêt pour le poste de ministre des affaires étrangères. Die Lienke enregistre environ 8 % après avoir remporté 11,9 % des voix lors des élections en 2009.

Le SPD est à 25 %, 15 points derrière les conservateurs de la chancelière. Les Verts, alliés du SPD, recueillent 13 %, devant le Parti libéral-démocrate (FDP), membre de la coalition au pouvoir (5 %).

Peer Steinbrück, candidat SPD à la chancellerie, est contre une alliance avec Die Lienke, le successeur du Parti socialiste unifié d'Allemagne (SED) qui a construit le Mur de Berlin. Le SPD et les Verts se méfient du passé communiste de Die Linke, qui prône en outre la suppression de l'OTAN.

Lors d'un entretien sur la chaîne de télévision ZDF, M. Steinbrück a précisé qu'une « grande coalition » avec la chancelière était improbable. Allié d’Angela Merkel de 2005 à 2009, le SPD a perdu des millions d'électeurs et une partie de son identité. Sans grande coalition ou alliance de la gauche, le pays pourrait se retrouver dans une impasse après les élections du 22 septembre.

« Une grande coalition est à mon sens très improbable, car le SPD ne veut pas à nouveau mettre à Merkel le pied à l'étrier. Nous savons tous ce qu'il en est advenu », a expliqué M. Steinbrück. Il faisait référence à la chute du soutien de 34,2 % en 2005 à 23 % en 2009.

Craintes d'une alliance de la gauche

Le SPD et les Verts s'inquiètent également de l'opposition de Die Lienke aux tentatives de sauvetage de la zone euro. Ils soutiennent les programmes de renflouement de la chancelière alors que Die Lienke a toujours voté contre le conditionnement de l'aide à des réformes structurelles.

Les deux composantes de la gauche se sont toutefois associées en 1998 dans l'ex-RDA, bastion électoral de Die Linke. À l'Ouest, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Die Linke a soutenu entre 2010 et 2012 le gouvernement régional minoritaire SPD-Verts d'Hannelore Kraft.

Les sphères du gouvernement craignent que le SPD et les Verts ne lèvent l'interdiction d'alliance avec Die Lienke à l'échelon national si une majorité de gauche ressort des élections de septembre. Le président du SPD, Sigmar Gabriel, a exclu une telle alliance. Les politiques économiques et sociales du SPD et de Die Lienke sont semblables.

« Si l'on en vient à ce que veulent Sigmar Gabriel et Hannelore Kraft, après les élections, l'Allemagne sera gouvernée par le SPD, les Verts et Die Lienke », a déclaré le président de l'Union chrétienne sociale en Bavière, Horst Seehofer, lors d'un entretien avec le magazine Focus.

« Ce sont les moteurs du SPD », a-t-il ajouté. Il s’est fait l'écho de certains analystes qui considèrent qu'il s'agit d'un élément de stratégie des conservateurs pour semer la crainte d'une alliance de la gauche parmi les électeurs.