La gauche espagnole exhorte Pedro Sánchez à imposer un « embargo total sur les armes à destination d’Israël »
La gauche espagnole intensifie sa pression sur le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez pour que Madrid suspende tous les contrats d’armement actuellement en vigueur avec Israël et mette en œuvre de toute urgence un « embargo total sur les armes » contre Tel-Aviv.
La gauche espagnole intensifie sa pression sur le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez pour que Madrid suspende tous les contrats d’armement actuellement en vigueur avec Israël et mette en œuvre de toute urgence un « embargo total sur les armes » contre Tel-Aviv.
Depuis le début de l’offensive militaire israélienne à Gaza, en octobre 2023, les voix de la gauche espagnole se sont faites plus fortes, dénonçant ce qu’elles décrivent comme le « génocide » du peuple palestinien et exigeant que l’Espagne rompe ses relations diplomatiques et commerciales avec Israël.
« Notre obligation [au sein du gouvernement] est de multiplier nos efforts et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour mettre fin au génocide en cours à Gaza », ont affirmé mercredi 23 octobre des sources du ministère des Droits sociaux.
Le ministre des Droits sociaux, Pablo Bustinduy, a envoyé cette semaine une lettre à la ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles (PSOE/S&D), demandant que l’Espagne suspende tous les contrats de vente d’armes en cours avec des entreprises israéliennes.
Mercredi, Margarita Robles a souligné que, depuis les attaques du Hamas le 7 octobre 2023 qui ont fait 1 200 victimes israéliennes, et l’invasion de la bande de Gaza qui s’en est suivie et qui a fait plus de 40 000 victimes palestiniennes, l’Espagne n’a passé des contrats avec l’industrie militaire israélienne que pour la réparation de pièces, a rapporté le quotidien El País.
La lettre du ministre Pablo Bustinduy a été signée par les cinq ministres appartenant à la plateforme de gauche Sumar, principal partenaire de la coalition gouvernementale, dont le ministre des Droits sociaux, ancien député du parti de gauche radicale Podemos.
Podemos et Sumar ont acté leur « divorce politique » en décembre 2023 en raison, entre autres, de profonds désaccords entre la dirigeante de Sumar de l’époque et actuelle ministre du Travail, Yolanda Díaz, et l’actuelle dirigeante de Podemos, Ione Belarra.
Les deux partis de gauche maintiennent tous deux une position très critique à l’égard d’Israël, ce qui a exposé les fissures au sein du gouvernement de Pedro Sánchez, conduisant à plusieurs querelles diplomatiques avec Israël au cours des derniers mois.
Au mois de mai, le Premier ministre espagnol de centre gauche a annoncé que l’Espagne reconnaissait l’État palestinien dans ses frontières de 1967, à l’instar de la Norvège et de l’Irlande.
Les cinq ministres de Sumar ont demandé la suspension de « certains contrats » de vente d’armes à Israël, bien que Madrid n’ait pas autorisé de nouveaux contrats de ce type depuis le début de la guerre à Gaza il y a un an, a rapporté EFE.
L’aile la plus critique de la coalition gouvernementale, à gauche du PSOE de centre gauche, souhaite que l’Espagne applique un « embargo total sur les armes à destination d’Israël », selon la lettre.
D’autre part, Pablo Bustinduy rappelle que la Cour internationale de justice a souligné que les États ont l’obligation de ne pas contribuer à la situation créée par la présence d’Israël dans les territoires occupés. Ils doivent également veiller à mettre fin à toute entrave à l’exercice du droit à l’autodétermination du peuple palestinien, ainsi qu’au respect du droit international par Israël.
Ainsi, les cinq ministres de Sumar ont demandé à Pedro Sánchez d’interrompre la fourniture ou le transfert à Israël d’armes, de munitions et d’équipements militaires lorsqu’il existe des motifs raisonnables de soupçonner qu’ils pourraient être utilisés dans les territoires palestiniens occupés.
Selon la lettre, cette question épineuse a été incluse dans la résolution adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU le 13 septembre, avec le vote positif de l’Espagne.