La gestion des ressources humaines est la "clé de l'innovation" [FR]

Les ressources humaines et la flexibilité sur le lieu de travail sont les ingrédients de base de l’émergence d’une culture de l’innovation. C’est ce qu’a déclaré le Professeur Bengt-Åke Lundvall, chercheur dans le domaine de l’innovation à l’université d’Aalborg, au Danemark, lors d’un entretien accordé à EURACTIV.

office_work_isp.jpg
office_work_isp.jpg

Les ressources humaines et la flexibilité sur le lieu de travail sont les ingrédients de base de l’émergence d’une culture de l’innovation. C’est ce qu’a déclaré le Professeur Bengt-Åke Lundvall, chercheur dans le domaine de l’innovation à l’université d’Aalborg, au Danemark, lors d’un entretien accordé à EURACTIV.

Il a déclaré qu’un certain nombre d’idées fausses sont apparues au moment où les pays développés s’efforçaient de devenir plus compétitifs via l’innovation. L’une d’elles est que les faibles coûts sont la clé de la compétitivité, une autre que l’investissement dans la science et la technologie est un raccourci vers l’innovation. 

« Nous avons mené des travaux de recherche empiriques qui montrent que les économies dans lesquelles l’augmentation des salaires réels est la plus importante sont les plus compétitives. Ainsi, nous avons appris que ce qui détermine la compétitivité, ce n’est pas le coût », a-t-il déclaré.

En revanche, une combinaison d’avancées technologiques, d’investissement dans le personnel, et la capacité d’adaptation peuvent rendre les organisations plus innovantes. 

« La science et la technologie sont importantes, mais il existe d’autres facteurs qui servent de médiateurs entre la science et la technologie et les résultats économiques, à l’instar de la croissance, de la productivité et de la compétitivité. Ceci tient beaucoup aux ressources humaines et à l’organisation », a-t-il précisé. 

En fait, la technologie seule peut avoir un effet nuisible si elle ne va pas de pair avec une formation et une culture de l’apprentissage. 

« Au Danemark, lorsque les entreprises ont introduit de nombreuses avancées technologiques dans le domaine de l’informatique au cours des années 1980, l’on a noté qu’elles avaient en fait un impact négatif sur la productivité, si elles n’étaient pas combinées avec un changement dans l’organisation et l’investissement dans les personnes », a déclaré le Pr. Lundvall. 

Il a ajouté que ses précédentes théories sur le développement d’une culture de l’innovation ont été déformées depuis qu’il a proposé l’idée dans les années 1980.

« Ce qui s’est passé, c’est que de nombreuses personnes, y compris au sein de la Commission européenne, traitent le système d’innovation comme quelque chose concernant les universités et l’industrie, la science et la technologie de l’innovation ».

« Mais ce n’est pas comme cela que nous avons abordé le concept. Les ressources humaines et les questions organisationnelles sont tout aussi importantes. On est loin de se cantonner à une question de technologie. J’ai passé les quinze dernières années à essayer de corriger l’idée que la politique d’innovation n’a de rapport qu’avec la science, la technologie et l’innovation, affirme-t-il. 

M. Lundvall, dont les théories sur les systèmes nationaux d’innovation ont été appliquées par la Finlande dans les années 1990 et sont actuellement mises en application par le gouvernement chinois, est l’un des vingt-sept ambassadeurs de l’Année européenne de la créativité et de l’innovation.

Pour lire l’entretien dans son intégralité, cliquez ici.