La guerre en Libye a modifié les relations transatlantiques
La mise en place d’une zone d’exclusion aérienne en Libye a été un « très bel exemple » de la nouvelle ère initiée par Barack Obama dans la politique extérieure désormais menée par les Etats-Unis, caractérisée par un engagement multilatéral avec le reste du monde, a déclaré à EURACTIV William E. Kennard, ambassadeur américain à l’UE, lors d’un entretien exclusif.
La mise en place d’une zone d’exclusion aérienne en Libye a été un « très bel exemple » de la nouvelle ère initiée par Barack Obama dans la politique extérieure désormais menée par les Etats-Unis, caractérisée par un engagement multilatéral avec le reste du monde, a déclaré à EURACTIV William E. Kennard, ambassadeur américain à l’UE, lors d’un entretien exclusif.
Interrogé sur la question de savoir si la guerre de Libye avait été l’occasion pour les Etats-Unis de se mettre quelque peu en retrait et laisser la France et le Royaume-Uni sur le devant de la scène, l'ambassadeur américain, qui a également servi le gouvernement de son pays sous la présidence de Bill Clinton, a qualifié la campagne libyenne de « triomphe » pour cette nouvelle approche.
« C'était une campagne importante, qui n'a pas été menée par les Etats-Unis. Nous avons certes participé et apporté notre soutien, mais nous ne l'avons pas menée », a souligné M. Kennard.
Il a déclaré que cette campagne avait été l'opportunité pour Barack Obama de tenir les promesses qu'il avait faites lors de sa campagne électorale, selon lesquelles il disait vouloir ouvrir une nouvelle ère dans la politique extérieure américaine, caractérisée par un engagement multilatéral avec le reste du monde.
« Nous sommes passés par les Nations Unies. Nous sommes passés par l'OTAN […] C’est [Barack Obama] un multilatéraliste, et ce ne sont pas juste des slogans de campagne ou une politique qu’il mène. C'est vraiment dans sa nature. Il pense que nous prenons les meilleures décisions quand nous avons tous les acteurs autour de la table », a déclaré M. Kennard.
Lorsqu'il lui a été demandé si cela impliquait également une amélioration des relations entre les Etats-Unis et la Russie, le diplomate a répondu que l'administration américaine était « très satisfaite » du travail effectué avec Moscou et du « nouveau départ » des relations.
Concernant l’approche du dixième anniversaire des attentats du 11 septembre sur les Etats-Unis, M. Kennard a déclaré que cette date ne serait pas uniquement un jour de réflexion pour les Américains, mais une « journée internationale de réflexion », car d'après lui, ces terribles événements ont touché l’ensemble de la planète à bien des niveaux.
Quant aux résultats de la guerre contre le terrorisme, il a déclaré que l'un des plus manifestes était l'élimination d'Oussama Ben Laden en mai et, surtout, d'avoir interrompu et démantelé le commandement d'Al-Quaida.
« Mais au-delà de cela, Barack Obama, dès le début de sa présidence, a reconnu qu'afin de combattre la menace terroriste dans le monde, il ne fallait pas seulement investir dans des outils antiterroristes et des armes de guerre, mais aussi tendre la main à la communauté musulmane », a souligné M. Kennard.
Au sujet de la crise de la zone euro, il a déclaré que les Etats-Unis avaient toujours conseillé les gouvernements européens d’agir avec autant d'audace et de décision que possible, pour redonner confiance aux marchés.
Lorsqu'il lui a été demandé s'il était souvent en contact avec le président de la Commission, José Manuel Barroso, ou le président du Conseil, Herman Van Rompuy, dans le cadre de son travail, M. Kennard a diplomatiquement répondu que « l'un des meilleurs côtés » de son travail était la possibilité de « discuter avec tout le monde » d’un grand nombre de questions. « Et c'est ce qui rend ce travail agréable et fascinant », a-t-il ajouté.
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