La Hongrie minimise les inquiétudes liées à un éventuel boycott des réunions de sa présidence du Conseil
Budapest a minimisé les inquiétudes croissantes selon lesquelles les Vingt-Sept pourraient boycotter les futures réunions informelles organisées par la présidence hongroise du Conseil de l'UE.
Budapest a minimisé ce mercredi (10 juillet) les inquiétudes croissantes selon lesquelles les Vingt-Sept pourraient boycotter les futures réunions informelles organisées par la présidence hongroise du Conseil de l’UE.
Le ministre hongrois des Affaires européennes, János Bóka, a déclaré que le manque de participation de hauts responsables lors de la réunion informelle des ministres de l’Industrie de l’UE qui s’est tenue mardi à Budapest n’a pas empêché la tenue d’une discussion « significative ».
Cette réunion était la première de ce type depuis le 1er juillet, date à laquelle la Hongrie a pris la présidence tournante du Conseil de l’UE pour les six prochains mois.
Seuls sept ministres d’États membres de l’UE étaient présents, de nombreux pays ayant refusé d’envoyer de hauts fonctionnaires pour protester contre la rencontre du Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, avec le président russe, Vladimir Poutine, à Moscou la semaine dernière.
Le Commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, n’a pas non plus participé à la réunion. Sa remplaçante, Kerstin Jorna, directrice générale de la Commission chargée du Marché intérieur, était également absente de la conférence de presse qui a suivi la réunion.
« Jusqu’à présent, aucun État membre ne nous a indiqué que des considérations politiques influenceraient leur degré de participation aux réunions informelles », a déclaré M. Bóka à la presse à Bruxelles.
La décision d’envoyer des représentants gouvernementaux aux réunions informelles de l’UE revient à chaque État membre, a-t-il poursuivi.
« Pour nous, une seule chose est importante : que ces réunions informelles du Conseil soient significatives, et cela nécessite une représentation, c’est-à-dire une capacité professionnelle et une autorité politique pour s’engager dans une discussion politique significative pendant les réunions du Conseil », a affirmé M. Bóka.
« Je pense que la réunion informelle du Conseil qui s’est tenue en Hongrie lundi et mardi y est parvenue », a-t-il ajouté.
Ses remarques ont été faites alors que les ambassadeurs de l’UE cherchaient, ce mercredi (10 juillet), à clarifier la « mission de paix » autoproclamée de Viktor Orbán en Russie, et ses résultats.
Cette rencontre a eu lieu entre une visite à Kiev, où le Premier ministre hongrois a rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky, et un voyage à Pékin, où il s’est entretenu avec le dirigeant chinois Xi Jinping.
Certains diplomates de l’UE ont déclaré en privé qu’ils souhaiteraient explorer les possibilités de maîtriser ce qu’ils considèrent comme le « comportement destructeur » de la Hongrie.
Il ne serait « pas impensable » que certaines réunions de haut niveau prévues à Budapest dans les six prochains mois voient leur participation réduite voire soient boycottées, selon plusieurs diplomates de l’UE qui se sont entretenus avec Euractiv avant la réunion de mercredi.
M. Bóka a souligné que « certains États membres de l’UE devront simplement accepter d’être en désaccord » sur la pertinence du voyage de Viktor Orbán en Russie, qui, selon le dirigeant hongrois, a été organisé pour aider à accélérer une résolution diplomatique de la guerre en Ukraine.
« D’après ce que je comprends, la visite à Moscou est devenue politiquement controversée et certains États membres estiment qu’elle n’était pas appropriée », a déclaré le ministre hongrois.
« Je pense que […] le point final des discussions pourrait être qu’avec certains États membres, nous devrons simplement accepter de ne pas être d’accord », a-t-il ajouté.
Une réunion informelle des ministres de I’Environnement de I’UE est prévue ces jeudi et vendredi (11-12 juillet). Elle sera suivie d’une réunion des ministres de l’Énergie lundi et mardi de la semaine prochaine (15-16 juillet), et elles auront toutes deux lieu en Hongrie.
Le premier test significatif pour savoir jusqu’où les États membres sont prêts à aller pour mettre Budapest sur la touche sera une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l’UE à la fin du mois d’août.
Sofia Sanchez Manzanaro a contribué à la rédaction de cet article.
[Édité par Anna Martino]