La Hongrie rejette les critiques sur sa politique de visas aux Russes

La Hongrie a dénoncé mercredi 4 septembre l’« hystérie politique » à Bruxelles après sa décision d’assouplir sa politique de visas envers les citoyens russes et biélorusses, sur laquelle la Commission européenne a réclamé des « éclaircissements ».

EURACTIV France avec AFP
La Hongrie prend la présidence tournante de l’Union européenne
János Bóka, ministre hongrois des Affaires européennes. [EPA-EFE/Peter Lakatos]

La Hongrie a dénoncé mercredi 4 septembre l’« hystérie politique » à Bruxelles après sa décision d’assouplir sa politique de visas envers les citoyens russes et biélorusses, sur laquelle la Commission européenne a réclamé des « éclaircissements ».

Le Premier ministre nationaliste Viktor Orbán, resté proche du Kremlin malgré la guerre en Ukraine, a signé début juillet un décret allégeant les restrictions pour les ressortissants de huit pays, dont la Russie et la Biélorussie.

Cette décision a provoqué une demande d’explications de la part de la Commission européenne et les critiques des conservateurs au Parlement européen, inquiets des menaces potentielles à la sécurité en Europe.

« Il n’y a absolument aucun problème légal ou de sécurité en ce qui concerne la carte nationale » que pourront désormais obtenir les ressortissants de ces huit pays, a affirmé le ministre hongrois des Affaires européennes János Bóka, lors d’une conférence de presse à Bruxelles.

« En revanche, il y a clairement une forme d’hystérie politique créée par la majorité au Parlement européen et certains États membres », a-t-il dénoncé.

« Dans le contexte géopolitique » actuel, ce nouveau statut des visas en Hongrie est « très contestable », a estimé Manfred Weber, président du Parti populaire européen (PPE, centre droit), plus grand groupe au Parlement européen, dans un courrier envoyé fin juillet au président du Conseil européen Charles Michel.

Une telle politique, a-t-il poursuivi, « pourrait ouvrir de sérieuses brèches favorisant les activités d’espionnage, et potentiellement permettre à un grand nombre de Russes d’entrer en Hongrie sans une surveillance minimale, ce qui pose un grave risque à la sécurité nationale ».

Depuis juillet, la Hongrie n’a délivré que 14 « cartes nationales » à des citoyens russes et bélarusses, a répondu János Bóka, soit beaucoup moins, selon lui, que les autres États membres de l’UE.

La question de savoir si la présence de Russes ou de Biélorusses dans l’UE représente une menace pour la sécurité est « sujette à discussions », a-t-il ajouté.

« Mais si vous pensez qu’il y a une menace, alors le sujet ne devrait pas concerner seulement la Hongrie », a-t-il souligné.

Les tensions entre Bruxelles et Budapest, qui occupe depuis le 1er juillet la présidence tournante du Conseil de l’UE où se réunissent les ministres des États membres, sont vives depuis la visite début juillet de Viktor Orbán au président russe Vladimir Poutine, une « mission de paix » qui avait été lancée sans concertation.