La jeunesse réclame plus de poids dans le processus législatif de l’UE

Les jeunes militants font pression pour que les voix et les besoins des jeunes soient davantage pris en compte dans l’élaboration des politiques européennes, une préoccupation majeure à l’approche des élections européennes de l’année prochaine.

Euractiv.com
This article is part of our special report "Un aperçu des expériences démocratiques à travers l’Europe"
Brussels,,Belgium.,24th,May,2019.a,Campaign,Area,To,Encourage,Eu
Afin de donner plus de poids aux voix des jeunes et de renforcer leur confiance dans les institutions européennes, le Forum européen de la Jeunesse a lancé le Dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse, un outil participatif qui permet d’inclure les jeunes dans le processus législatif de l’UE. [[Shutterstock/Alexandros Michailidis]]

Les jeunes militants font pression pour que les voix et les besoins des jeunes soient davantage pris en compte dans l’élaboration des politiques européennes, tout en veillant à ce que les jeunes puissent participer en toute sécurité, une préoccupation majeure à l’approche des élections européennes de l’année prochaine.

Afin de donner plus de poids aux voix des jeunes et de renforcer leur confiance dans les institutions européennes, le Forum européen de la Jeunesse a lancé le Dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse, un outil participatif qui permet d’inclure les jeunes dans le processus législatif de l’UE.

« Essentiellement, en cette période de méfiance et désintérêt croissant de la part des jeunes envers les institutions, nous devons rendre les institutions encore plus adaptées aux jeunes », a déclaré Elias Dray, vice-président du Forum européen de la Jeunesse, à EURACTIV.

Un outil participatif

« Le Dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse est un mécanisme participatif qui existe depuis 2009 au niveau européen », a expliqué à EURACTIV Christiana Xenofontos, également vice-présidente du Forum européen de la Jeunesse.

« C’est un mécanisme qui a été créé pour soutenir la co-création de politiques qui reflètent les besoins des jeunes, par les jeunes et les décideurs politiques », a-t-elle expliqué.

Si le Dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse peut permettre aux jeunes de faire entendre leur voix dans les politiques de l’UE, cet outil n’est pas encore très connu des jeunes Européens. Une enquête Eurobaromètre de 2022 sur les jeunes et la démocratie a révélé que seulement 13 % des personnes interrogées connaissaient cet outil.

Selon Mme Xenofontos, il est toutefois essentiel de renforcer les méthodes de participation et les espaces permettant aux jeunes de s’engager dans le processus démocratique de l’UE avant les élections européennes de l’année prochaine.

Alors que les élections européennes de 2019 ont vu une augmentation du nombre de jeunes électeurs, un Eurobaromètre postélectoral a révélé que, dans l’ensemble, ce sont tout de même les personnes plus âgées qui sont les plus susceptibles de voter.

« Pour convaincre ou motiver les jeunes à aller voter ou même à se présenter comme candidat, nous devons créer un espace sûr », a-t-elle déclaré.

Évaluer les politiques de l’UE

Parallèlement à cet exercice participatif, le Forum européen de la Jeunesse milite en faveur d’un outil d’évaluation d’impact appelé EU Youth Test, afin d’évaluer l’impact des politiques de l’UE sur les jeunes.

« Une partie de la méfiance actuelle [des jeunes] vient du manque de pertinence, parfois, des politiques à l’égard des jeunes. Le “Youth Test” vise à garantir la pertinence des politiques », a expliqué M. Dray, ajoutant qu’il devrait s’agir d’une « évaluation ex ante systématisée et d’une évaluation de l’impact des politiques ».

« Il s’agit de rendre la nouvelle législation pertinente pour les jeunes et de s’assurer que toutes les législations sont appropriées pour les jeunes et qu’aucune d’entre elles ne nuit aux jeunes et aux jeunes générations d’aujourd’hui, mais aussi aux jeunes générations de demain », a-t-il ajouté.

Ce test d’évaluation d’impact a déjà été mis en œuvre dans des États membres tels que la France, l’Autriche, l’Allemagne et la région de Flandre en Belgique.

Alors que les tests d’évaluation d’impact ne ciblent pas de politiques spécifiques, le « Youth-Check » allemand a déjà influencé les débats sur la réglementation alimentaire qui visaient à modifier les publicités alimentaires pour les moins de 14 ans.

Les préoccupations des jeunes

Selon les jeunes militants, la prise en compte de la voix et des besoins des jeunes dans le processus législatif de l’UE permettrait de concevoir de meilleures politiques et de répondre aux préoccupations actuelles de la jeunesse.

« Il n’y a pas une seule voix, pas un seul groupe qui devrait parler au nom de la jeunesse. Je pense que nous sommes tous d’accord sur ce point », a indiqué à EURACTIV Alexandre Fonseca, coordinateur de la participation des jeunes chez SALTO, un centre d’information pour les jeunes de l’UE.

« Mais il y a des préoccupations spécifiques aux jeunes. Ne pas avoir de voix, ne pas avoir d’opinion entendue en est certainement une », a-t-il ajouté.