La Lettonie souhaite rejoindre la zone euro dès 2014

Alors que la Pologne, la Bulgarie et la République tchèque prennent leurs distances avec la monnaie unique, la Lettonie annonce qu’elle souhaite devenir le 18e membre de la zone euro dès 2014.

EURACTIV.com

Alors que la Pologne, la Bulgarie et la République tchèque prennent leurs distances avec la monnaie unique, la Lettonie annonce qu’elle souhaite devenir le 18e membre de la zone euro dès 2014.

La volonté de la Lettonie d’adopter la monnaie unique en 2014 est « un merveilleux message à la communauté internationale » sur l’avenir de l’euro.

C’est ce qu’a déclaré Ruprecht Polenz, membre de la commission des affaires étrangères du parlement allemand, au président letton, Andris Brezins, lors d’une réunion à Riga le 20 septembre dernier.

Alors que trois pays passent leur tour, la Lettonie persiste et signe : elle souhaite devenir le 18e membre de la zone euro dès janvier 2014.

L’exception balte

C’est prévu, les pays ayant rejoint l’Union en 2004 et 2007 sont destinés à adopter la monnaie unique dès lors qu’ils seront en mesure de le faire.

Pourtant, la Pologne, la Bulgarie et la République tchèque ont récemment affirmé qu’elles ne rejoindraient pas l’union monétaire avant que la zone euro n’entrevoie une sortie de crise. Une posture loin d’être partagée par les États baltes. Selon le site internet Business New Europe, les dirigeants lettons, lituaniens et estoniens auraient même prédit un avenir radieux à la monnaie unique lors de la récente conférence de l’OTAN.

L’Estonie a rejoint l’union monétaire en janvier 2011 et son économie demeure en pleine croissance. La Lituanie, quant à elle, n’est pas encore membre de l’eurozone. Son économie a enregistré de bons résultats en 2011 et devrait croître de 2,4% en 2012.

Un volontarisme politique sans faille

La crise n’a pourtant pas épargné la Lettonie. Son économie se place aujourd’hui bonne dernière parmi ses partenaires européens. Le pays a d’ailleurs été le premier à demander un renflouement (7,5 milliards d’euros) au Fonds monétaire international (FMI).

Depuis, sa situation s’est nettement améliorée bien que le pays doive encore corriger un déficit excessif, lutter contre le chômage et un taux de pauvreté élevé.

Malgré tout, le premier ministre Valdis Dombrovskis, aurait déclaré, lors de la conférence de l’OTAN, que son pays prévoyait de respecter les critères d’adoption de l‘euro d’ici la fin de l’année et pourrait rejoindre l’union monétaire dès janvier 2014. La Banque de Lettonie n’y voit que des avantages  : augmentation significative du PIB, des investissements et des exportations et baisse du taux d’intérêt à long terme.

Méfiance ou indifférence populaire?

Le responsable politique monétaire de la banque nationale, Uldis Rutkaste, a toutefois admis que la population restait divisée sur le sujet, effrayée par la mauvaise santé de la monnaie unique. Un sondage du mois d’août dernier, réalisé auprès de 1 000 Lettons, avait révélé que seuls 35% étaient en faveur d’une adoption de l’euro et que 59% y étaient opposés.

Prudence toutefois : selon Ivars Ijabs, politologue à l’université de Lettonie, l’adoption de l’euro n’est pas une préoccupation majeure de la population. « Il est très probable que la Lettonie rejoigne la zone euro comme elle a rejoint l’UE, sans réels débats, dans la mesure où il est plus ou moins évident que la Lettonie y a sa place », a-t-il avancé.