La mission de l’UE à Kiev restera active malgré les frappes russes ayant endommagé ses locaux
Il n’est pas prévu de fermer la délégation de l’UE à Kiev, a indiqué une source européenne jeudi 28 août, après que son bâtiment ait été endommagé par des frappes de missiles russes.
La délégation de l’UE, située dans le centre de la capitale ukrainienne, a été endommagée jeudi très tôt dans la matinée, tout comme un bâtiment voisin occupé par le British Council, l’organisme du Royaume-Uni chargé des relations culturelles et des échanges éducatifs.
Le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) évalue actuellement dans quelle mesure la mission peut continuer à travailler, a précisé la source européenne interrogée, mais l’idée est de maintenir ses opérations. Le personnel travaillera à distance jusqu’à ce que les dégâts aient été évalués, a ajouté une autre source de l’UE.
Cette nuit a été l’une des plus violentes depuis le début de l’invasion à grande échelle de la Russie au début de l’année 2022, avec 629 missiles et drones lancés sur l’Ukraine, tuant au moins 14 personnes, selon les autorités ukrainiennes.
Dans un communiqué de presse, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que deux missiles avaient atterri à moins de 50 mètres du bâtiment de la délégation de l’UE, à 20 secondes d’intervalle. Aucun membre du personnel n’a été blessé, a-t-elle assuré.
Interrogé pour savoir si l’UE pensait que l’attaque visait délibérément sa délégation, un porte-parole de la Commission a répondu qu’il s’agissait d’une « question à poser à la Russie ».
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, s’est entretenue avec le personnel diplomatique de la délégation de l’UE et a convoqué l’ambassadeur russe auprès de l’Union.
Côté britannique, le ministre des Affaires étrangères, David Lammy, a également fait savoir que Londres convoquait l’ambassadeur russe dans un message publié sur X.
La vidéo montre le moment où deux missiles russes ont frappé la zone autour de la délégation de l’UE à Kiev, tôt le matin le 28 août 2025. [Crédit : source UE]
Réactions européennes
En France, Emmanuel Macron a condamné ces attaques, écrivant sur les réseaux sociaux : « 629 missiles et drones en une nuit sur l’Ukraine : voilà la volonté de paix de la Russie. Terreur et barbarie. […] La France condamne avec la plus grande fermeté ces attaques ».
« Chaque acte d’agression de la Russie dans cette guerre injuste est un nouveau coup porté à la paix », a pour sa part déclaré le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, qui a fustigé cette dernière attaque comme une « nouvelle violation flagrante du droit international ».
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a déclaré lors d’une visite en Estonie que « cela ne peut rester sans conséquences » et que les attaques russes devraient être discutées par les ministres des Affaires étrangères de l’UE à Copenhague cette semaine.
Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense de l’UE se réunissent ce jeudi dans la capitale danoise pour discuter, entre autres, de la manière de renforcer la position de négociation de l’Ukraine avec la Russie.
À la suite des frappes, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a écrit sur les réseaux sociaux : « Pour punir le rejet du cessez-le-feu et les tentatives constantes de la Russie de se soustraire aux négociations, de nouvelles sanctions sévères sont nécessaires. C’est la seule solution efficace. Les Russes ne comprennent que la force et la pression. Pour chaque frappe, Moscou doit en ressentir les conséquences ».
Ce n’est pas la première fois que la Russie s’en prend à des infrastructures civiles autour de la délégation, située au cœur de la capitale ukrainienne. En juin, un drone Shahed a gravement touché un immeuble de bureaux situé à proximité des bâtiments de l’UE.
Moscou a en effet intensifié ses frappes aériennes sur l’Ukraine au cours des derniers mois, malgré les efforts croissants de l’Occident pour parvenir à un règlement diplomatique de la guerre.
Ces efforts ont piétiné ces dernières semaines, Moscou refusant d’accepter une rencontre bilatérale entre Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine, malgré le soutien du président ukrainien à cette idée et les appels répétées du président américain Donald Trump pour que les deux parties parviennent à un règlement diplomatique.
Elisa Braun et Nicoletta Ionta ont contribué à la rédaction de cet article.
(asg)