La nouvelle présidence grecque sous le signe de l'austérité
La Grèce, criblée de dettes, a pris les rênes du Conseil de l'UE le 1er janvier. Athènes souhaite une présidence économe et s'est fixé un montant maximum de 50 millions d'euros pour assurer ses dépenses durant les six prochains mois.
La Grèce, criblée de dettes, a pris les rênes du Conseil de l'UE le 1er janvier. Athènes souhaite une présidence économe et s'est fixé un montant maximum de 50 millions d'euros pour assurer ses dépenses durant les six prochains mois.
Le calendrier de la présidence grecque est plus court que celui des autres présidences en raison des élections européennes qui se tiendront en mai prochain. Il n'empêche, la Grèce a concocté un budget de diète pour sa présidence du Conseil de l'Union européenne, histoire de ne pas aggraver sa situation budgétaire.
Contrairement à leurs prédécesseurs et leur propre présidence antérieure, les autorités grecques emploieront cette fois-ci seulement des fonctionnaires locaux, et n’externaliseront aucune activité.
« Seulement neuf fonctionnaires ont été recrutés au sein du bureau d’Athènes, » explique le porte-parole Alexandros Vidouris. Il ajoute qu'il y aura également « très peu de personnes » au sein de la représentation permanente de Bruxelles : « 156 personnes au lieu de 250 lors des présidences habituelles. »
« Tout sera fait en interne, par des sociétés et des employés locaux, » affirme Alexandros Vidouris. Athènes a lancé un programme de sponsoring afin de couvrir une grande partie des dépenses. Les sociétés privées locales sponsoriseront les véhicules destinés à la présidence. La compagnie aérienne Aegean Airlines fera de même avec les billets d'avion pour les voyages présidentiels habituels.
Le logo de la présidence grecque représente un voilier de « la quête commune » européenne. Il symbolise également l'une des priorités principales de la nouvelle présidence : la politique maritime. Une jeune société locale a dessiné le logo pour la somme de 12 500 euros, contrairement à 150 000 euros dépensés en moyenne par les présidences précédentes, se targue Alexandro Vidouris.
>> Lire : La Grèce se prépare à une présidence austère du Conseil de l'UE
La présidence grecque sera aussi économe lors de l’organisation de réunions ministérielles informelles. Les gouvernements nationaux profitent habituellement de ces évènements pour promouvoir leur pays, grâce à des réunions dans des endroits pittoresques et prestigieux.
« Ne vous attendez pas à des réunions sur des îles exotiques. […] toutes les réunions informelles se tiendront au même endroit à Athènes, un centre de conférence, où tout est déjà en place et qui ne nécessite aucune dépense supplémentaire importante », indique Alexandro Vidouris.
Seule la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE, appelée « Gymnich », sera accueillie dans la périphérie athénienne, dans un autre lieu, à la demande de la haute représentante, Catherine Ashton, qui préside le Conseil des Affaires étrangères.
Athènes n'a cependant pas fait une croix sur les « voyages présidentiels » habituels des journalistes : une pratique qui consiste à inviter les journaliste à rencontrer le gouvernement du pays d'accueil lors de chaque présidence tournante.
« Ce sera un voyage informel peu touristique, si ce n'est une visite du musée de l'Acropolis. Nombre de journalistes paient de leur propre poche, mais une partie des vols sont sponsorisés par Aegan Airlines et l'hôtel est celui utilisé par la présidence, » affirme le porte-parole de la présidence tournante grecque.
Il ne faudra pas s'attendre non plus à des cadeaux marqués du logo de la présidence. Un fonctionnaire grec a en effet été licencié, après avoir voulu lancer un appel d’offres pour des cravates et des écharpes traditionnelles, selon Reuters.
« Nous voulons limiter les dépenses et nous concentrer sur le contenu, » assure Alexandro Vidouris.
Les élections du Parlement européen
Pour ce qui est du contenu, le point d'orgue du premier semestre de l'année est sans aucun doute la tenue des élections européennes dans les 28 États membres. En mai, 375 millions de citoyens européens sont attendus pour se rendre aux urnes et élire leurs nouveaux représentants qui siègeront au Parlement européen.
Les grandes familles politiques devraient pouvoir nommer pour la première fois leur candidat pour le poste de la présidence de la Commission européenne. Ces élections raccourciront considérablement le programme politique de la présidence tournante grecque.
Tous les trilogues, les négociations législatives entre les trois institutions principales de l'UE, devront avoir lieu durant le premier trimestre de 2014. La dernière session plénière du Parlement européen se tiendra le 17 avril prochain.
La majeure partie du travail législatif devra être effectuée dans les trois mois et demi à venir. La suite incombera à l'Italie qui prendra la suite le 1er juillet 2014. Elle sera la première présidence à accueillir le nouveau Parlement européen et la nouvelle Commission.