La pauvreté continue de sévir en Europe [FR]

Une étude récente commanditée par la Fondation Robert Schuman indique que la pauvreté recule en Europe, mais lentement, et regrette que le rôle de l'UE dans la lutte contre le paupérisme ne soit que rarement salué.

Une étude récente commanditée par la Fondation Robert Schuman indique que la pauvreté recule en Europe, mais lentement, et regrette que le rôle de l’UE dans la lutte contre le paupérisme ne soit que rarement salué.

En dépit du fait que la politique sociale reste une prérogative des Etats membres, l’UE  a joué un rôle important en matière de lutte contre la pauvreté, indiqué une étude menée par Bouquerel et Pierre-Alain de Malleray de l’Institut d’études politiques de Paris. Ils estiment que la politique de cohésion sociale est primordiale pour réduire la pauvreté monétaire. 

Selon les deux experts, « la pauvreté est un phénomène multiforme, difficile à cerner avec exactitude. S’il ne fait aucun doute qu’un ménage ne disposant pas des ressources nécessaires pour subvenir à ses besoins les plus élémentaires comme se nourrir, se loger ou se chauffer est pauvre, (…) que dire d’un foyer qui ne peut partir en vacances, acquérir un lave-vaisselle? »

L’évaluation de tels indicateurs varie grandement aux niveaux régional et national. Subjectivement, un ménage ayant le même niveau de vie peut être pauvre dans un pays nordique, mais relativement riche en Grèce, au Portugal ou dans certains nouveaux Etats membres. Techniquement, la mesure utilisée est strictement nationale : un ménage qui dispose de moins de 60 pourcents du revenu moyen du pays est considéré comme pauvre. Exprimée sous la forme de standards de pouvoir d’achat (SPA), le seuil de pauvreté en 2001 était de 2 183 en Estonie et de 14 376 au Luxembourg. Selon ces critères, 72 millions d’Européens (16%) vivaient en 2003 en-dessous des seuils de pauvreté, soit seulement 3% de moins qu’en 1994.

Les auteurs sont favorables au fait que les régimes de protection sociale, comme le logement ou d’autres services sociaux, soient placés en-dehors du champ de la politique de concurrence  : « Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les régimes de protection sociale permettent de faire passer le taux de pauvreté monétaire en Europe de 40 % (mesuré “avant transferts sociaux”) à 16 % (après transferts) ! En plaçant ces dispositifs en dehors du champ de la concurrence européenne et en encourageant progressivement leur coordination,l’Union contribue ainsi à l’effectivité du premier instrument dont disposent les pouvoirs publics pour réduire la pauvreté. »