La pomme de terre OGM est inoffensive mais inutile, selon les experts

Dans un avis, le Haut conseil des biotechnologies estime que la variété développée par la firme BASF ne constituera pas une réponse aux difficultés économiques traversées par la filière papetière.

EURACTIV.fr

Dans un avis, le Haut conseil des biotechnologies estime que la variété développée par la firme BASF ne constituera pas une réponse aux difficultés économiques traversées par la filière papetière.

Le Haut conseil des biotechnologies a rendu, mercredi 28 juillet, un avis sur la pomme de terre transgénique Amflora. Cette instance d’expertise, qui réunit 63 membres répartis en deux collèges, estime que la pomme de terre autorisée début mars par la Commission européenne ne présente aucun risque majeur pour la consommation.

Le ministère de l’Agriculture avait saisi le HCB le 11 mars au sujet de cettte variété de pomme de terre OGM. Soit neuf jours après l’autorisation européenne.

Les experts soulignent cependant l’insuffisance des données qui leur ont été fournies. «Le Conseil scientifique note que les analyses statistiques contenues dans le dossier ne permettent pas de certifier que le risque d’un effet biologiquement significatif puisse-t-être détecté», indique le HCB.

Le Conseil scientifique de cette instance s’est également prononcé sur la présence d’un gène de résistance à des antibiotiques dans la pomme de terre Amflora. Celui-ci ne « constitue pas un risque singulier pour l’environnement et la santé », estiment les experts. 

Cette pomme de terre est destinée en priorité à l’industrie papetière, et non à la consommation humaine. Malgré ce jugement, plutôt favorable à l’OGM de BASF, le Haut conseil estime que l’Amflora, «dont les débouchés sont en tout premier lieu papetiers, ne constituera pas une réponse aux difficultés économiques traversées par la filière». «A ce jour, ni la filière féculière, ni la filière papetière, qui paraissent se satisfaire des amidons actuellement disponibles, n’envisagent d’utiliser Amflora», rappelle le texte.

Dans un communiqué commun, les ministres Bruno Le Maire (Agriculture), Valérie Pécresse (Recherche), Jean-Louis Borloo et Chantal Jouanno (Ecologie) prennent acte de l’avis des scientifiques et demandent un renforcement de l’évaluation environnementale et socioéconomique des OGM. Un souhait déjà exprimé par les ministres européens de l’Environnement, en décembre 2008.