La présidence irlandaise fera son possible pour éviter une sortie de la Grande-Bretagne de l’UE
L’Irlande s’est engagée à agir en médiateur et à mettre tout en oeuvre pour éviter une sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne. Cette sortie est maintenant au cœur de l’agenda politique après la déclaration du premier ministre David Cameron selon laquelle la Grande-Bretagne doit utiliser les bouleversements créés par la crise de la zone euro pour nouer de nouvelles relations avec l’Union européenne.
L’Irlande s’est engagée à agir en médiateur et à mettre tout en oeuvre pour éviter une sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne. Cette sortie est maintenant au cœur de l’agenda politique après la déclaration du premier ministre David Cameron selon laquelle la Grande-Bretagne doit utiliser les bouleversements créés par la crise de la zone euro pour nouer de nouvelles relations avec l’Union européenne.
« Nous voulons que la Grande-Bretagne non seulement reste dans l'UE, mais qu'elle en soit également le centre », a déclaré le vice-premier ministre irlandais, Eamon Gilmore, lors d'une conférence de presse à Dublin mardi (8 janvier), une semaine après le début de la présidence irlandaise du Conseil de l'Union européenne.
L'intention de David Cameron de réécrire les règles de l'UE afin de refléter les intérêts nationaux de la Grande-Bretagne ne sera pas acceptée et elle mènerait en fin de compte à la rupture de l'Union européenne, a-t-il ajouté.
« L'Union européenne n'est pas un projet à la carte », a-t-il poursuivi, en soulignant que les conditions d’adhésion devaient être identiques pour tous les États membres.
Lucinda Creighton, la ministre irlandaise des affaires européennes, a déclaré que s'il existait un pays capable de combler le fossé entre l'UE et la Grande-Bretagne, ce serait l'Irlande.
« Grâce à la présidence, l'Irlande est en bonne position pour agir en tant que médiateur et ami envers le Royaume-Uni », a-t-elle ajouté. Il est dans l'intérêt de l'Irlande de garantir que le Royaume-Uni poursuive une adhésion constructive au sein de l'Union européenne, selon elle.
Se détourner du continent
Avec le début de la crise de la zone euro et le besoin d'intégration économique et politique renforcée, le Parti conservateur de David Cameron tente de plus en plus de desserrer les liens entre la Grande-Bretagne et l'UE et demande de renégocier les traités de l'Union. Certains sont en faveur d'une sortie complète de l'UE accompagnée d’un renforcement des liens économiques avec les pays du Commonwealth et les États-Unis.
La Grande-Bretagne a négocié plusieurs désengagements de domaines politiques clés de l'UE depuis son adhésion en 1973. Elle n'est pas membre de la zone euro, n'a pas ratifié le traité de libre circulation de Schengen et ne veut pas respecter un certain nombre de règles européennes de coopération policière et judiciaire.
Cette situation a poussé Bruxelles à rabrouer Londres à quelques occasions. Lors de son discours de fin d'année, le président du Conseil, Herman Van Rompuy, a déclaré que la requête du Royaume-Uni de récupérer des pouvoirs de Bruxelles pourrait causer des dommages immenses au marché unique.
« Si chaque État membre pouvait choisir à sa guise les politiques qu'il préfère, et sortir celles qu'il aime le moins, l'Union dans son ensemble, et le marché unique en particulier, se déliteraient rapidement », a-t-il déclaré au quotidien The Guardian.
David Cameron devrait prononcer un discours important à la mi-janvier afin de célébrer le 40e anniversaire de l'adhésion de la Grande-Bretagne à l'UE. Il pourrait ensuite donner un indice sur la tenue d'un référendum quant au maintien dans l’UE ou non.
Selon un sondage YouGov publié plus tôt cette année, 67 % des Britanniques sont en faveur de la tenue d'un « référendum sur les relations entre la Grande-Bretagne et l'Europe au cours des prochaines années ».
Rôle de l'Irlande
Même si la présidence irlandaise ne se prononcera pas sur le référendum, Lucinda Creighton a souligné que beaucoup de travail pouvait être accompli au cours de l'intérim afin d'établir la confiance et de renforcer l'engagement entre le Royaume?Uni et l'UE.
« Je pense qu'il s'agit du rôle de la présidence irlandaise de permettre ce débat », a-t-elle ajouté.
L'Irlande a de l'expérience dans l'organisation de référendums sur des questions européennes, car tous les traités de l'UE touchant à la souveraineté doivent être soumis à la consultation populaire. De nombreux référendums ont donc été organisés. Celui sur la stabilité budgétaire, soutenue par les électeurs en juin 2012, est le dernier en date.