La présidente suisse « toujours optimiste » sur un accord avec l’UE d’ici fin 2024

La présidente de la Confédération helvétique se veut « toujours optimiste » sur un accord avec l’UE d’ici la fin de l’année mais elle reconnaît que convaincre le premier parti politique de Suisse sera « presque impossible ».

EURACTIV France avec AFP
President Of Switzerland Viola Amherd Visits Poland
« Moi, personnellement, je suis toujours optimiste » sur la conclusion d’un accord de rapprochement entre l’UE et la Suisse d’ici fin 2024, et ce malgré les questions épineuses qui restent en suspens comme l’immigration ou la protection des salaires suisses, a expliqué Viola Amherd. [GettyImages/NurPhoto]

La présidente de la Confédération helvétique se veut « toujours optimiste » sur un accord avec l’Union européenne (UE) d’ici la fin de l’année mais elle reconnaît que convaincre le premier parti politique de Suisse sera « presque impossible ».

« Moi, personnellement, je suis toujours optimiste » sur la conclusion d’un accord de rapprochement entre l’UE et la Suisse d’ici fin 2024, et ce malgré les questions épineuses qui restent en suspens comme l’immigration ou la protection des salaires suisses, a expliqué Viola Amherd lors d’un point de presse à Berne avec l’Association de la presse étrangère (APES).

« C’est possible que l’on n’y arrive pas, mais moi je suis optimiste » et « si on n’y arrive pas c’est clair que l’on doit continuer », a-t-elle renchéri, soulignant le « rythme énorme » de travail des négociateurs.

Sur l’immigration et la protection des salaires, il s’agit surtout de convaincre en Suisse même.

« On y travaille beaucoup, on discute beaucoup, on n’a pas encore la solution finale mais je pense qu’on a la possibilité » d’en trouver une.

Bruxelles et Berne cherchent à « stabiliser et développer » leurs relations régies par plus de 120 accords, mais les interminables tractations, relancées en début d’année dans la douleur, semblent loin d’aboutir.

Après avoir déjà claqué une première fois la porte en 2021 sans crier gare, la Suisse a introduit récemment une nouvelle demande concernant l’immigration et qui remet en question l’un des piliers de la construction de l’Union européenne : la libre circulation des personnes. Une proposition qui passe mal chez les partenaires européens, mais « la Commission européenne comprend qu’on doit avoir là une solution », souligne Viola Amherd, parce que,  in fine, les citoyens suisses trancheront.

Si le Conseil fédéral (le gouvernement) donne son feu vert à un accord, il s’agira de faire un important effort de pédagogie d’autant que le parti Union démocratique du centre (UDC), la droite radicale qui a encore renforcé sa place de premier parti de Suisse aux législatives d’octobre 2023, a dit tout le mal qu’il pense d’un accord.

« Cela va être très difficile de trouver un accord qui satisfait l’UDC, c’est presque impossible », a reconnu Viola Amherd.

Quand on lui demande quel pourrait alors être un chemin vers un éventuel oui de la population, elle pense qu’il « faut travailler avec les autres forces du pays », notamment les syndicats, en trouvant des mécanismes internes pour « garantir qu’on ne veut pas baisser les salaires, qu’on ne veut pas d’une immigration sans contrôle ». « Et là je suis persuadée qu’on trouvera une solution », a-t-elle dit.