La promotion 2017 de l’ENA sous le signe de l’Europe avec Louise Weiss
L'école met en avant le parcours européen et la défense des droits des femmes qui caractérisent la journaliste.
L’école met en avant le parcours européen et la défense des droits des femmes qui caractérisent la journaliste.
Un long débat a précédé le vote, vendredi 10 février, pour le nom de la promotion 2016-2017 de l’Ecole nationale d’administration. L’école située à Strasbourg, qui forme la crème des administrateurs français, a finalement choisi de s’appeler Louise Weiss, « en hommage à une femme d’action courageuse, journaliste, écrivaine, européenne et féministe ».
Les élèves précisent avoir souhaité saluer « une grande figure de l’émancipation féminine et une Européenne engagée ».
« Après des études ambitieuses entamées contre la volonté de sa famille, Louise Weiss devient à 21 ans la plus jeune agrégée de Lettres classiques. Elle s’engage ensuite comme infirmière durant la Première Guerre mondiale puis comme grand reporter à travers le monde. Dès la fin de la guerre, elle milite en faveur de la Société des Nations puis de l’idée européenne, qu’elle n’a cessé de défendre par la suite en devenant la première députée européenne française en 1979. Toute sa vie, elle s’est battue pour les droits des femmes, en particulier le droit de vote » précise l’école nationale d’administration sur son site Internet.
Elle avait lancé la publication L’Europe Nouvelle, une revue décrivant la vie politique, économique et sociale de l’Europe, qui parut de 1918 à 1939.
Les autres noms proposés étaient Antigone, fille d’Œdipe dans la mythologie grecque, qui brave les l’interdit pour enterrer son frère au péril de sa vie, mais aussi Louis Germain, l’instituteur d’Albert Camus et ardent défenseur de l’école laïque, et le romancier Joseph Kessel.
Le bâtiment du Parlement européen à Strasbourg porte le nom de Louise Weiss, tout comme le prix littéraire décerné par l’association des journalistes européens, le ministère des affaires étrangères français et la fondation Hippocrène.
Le choix de cette féministe assumée n’est pas anodin pour la promotion, puisque l’école peine à se féminiser. Seulement un tiers des élèves de cette année sont des femmes. Et ce en raison d’un manque de candidates par rapport aux candidats, et malgré le fait que l’ENA soit dirigée par une femme, Nathalie Loiseau, depuis 4 ans.